‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 223 sur 334 · Rapport, p · texte numérisé non relu

Rapport, p

celle du grand intérêt public, sur lequel il était appelé à délibérer* ».

Voilà comment le Conseil d'État jugeait son propre travail. Mais comment l'opinion l'a-t-elle jugé? Et quels en sont, au vrai, les caractères essentiels ?

Du côté des promoteurs de la loi, le silence est presque complet. A trois reprises seulement, l'Ami de la Religion* fait allusion au travail du Conseil d'Etat, mais c'est pour citer simplement des articles du National qui renferment des renseignements. Point d'appréciation, encore moins de discussion.

Le National, qui a si fort approuvé, on s'en souvient, les propositions de la section de législation, continue à se montrer relativement satisfait des votes du Conseil d'Etat, au moins en ce qui concerne l'enseignement secondaire. Il ne triomphe plus : il constate que les idées libérales n'ont pas la majorité au Conseil d'Etat, mais qu'elles y ont été défendues par « une minorité considérable », et que « plusieurs membres de l'ancien Conseil se sont séparés de leurs amis conservateurs, dans une question où il s'agit, non de la démocratie et de la république, mais de la liberté de penser, et de la liberté civile ». En somme, dit-il, « toute la partie du rapport de M. Boulatignier qui traite de l'instruction secondaire a été acceptée, avec de légers changements ». Mais le Conseil d'Etat s'est rabattu sur l'instruction primaire. « Or on en a fait une question purement politique, on a tout organisé politiquement... L'instruction primaire n'est plus désormais qu'une affaire de police. » Il est vrai que ces « déplorables résolutions » ont été prises « à une très faible majorité ». Elles n'en subsistent pas moins ^.

Le Journal des Débats publie, le 19 décembre, un long

i. Rapport y p. 10.

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