‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 234 sur 334 · Moniteur y du · texte numérisé non relu

Moniteur y du

2. Tandis que dix-sept orateurs s'étaient fait inscrire pour parler contre ' la loi, aucun ne s était inscrit pour, ce que ne manqua pas de souligner la gauche.

OU bien il ira chercher la paix sous la protection de l'Église. « Il servira la messe du curé dont il est déjà souvent Tofficieux, et dont il deviendra le valet. » Et, alors nous aurons, pour enseigner aux enfants de la République la dignité du citoyen, « des hommes qui leur donneront l'exemple de la servilité. »

Et quel est le grand argument, l'argument suprême des partisans de cette loi *? Il consiste à dire qu'elle est indispensable pour lutter contre le socialisme... Le mot est vite lâché. Mais il faut bien voir que, sous ce mot, il n'y a rien, le plus souvent. Sous tous les régimes, on trouve ainsi une accusation qui doit permettre d'en finir avec l'ennemi. Sous la Restauration, on disait de celui qu'on voulait perdre : c'est un libérai. Sous la monarchie de Juillet : c'est un républicain, un démocrate. Sous la République, on dit : c'est un socialiste. Sous ce mot de socialisme, le gouvernement et ses amis placent « l'immoralité, la spoliation, l'athéisme, toutes choses contre lesquelles a toujoiu*s protesté et protestera toujours l'étemelle morale des siècles * ». Mais ce que l'on poursuit, au fond, c'est «l'esprit de liberté, de fraternité, d'égalité qui souffle aujourd'hui sur le monde, c'est le génie de la France elle-même, sur lequel vous voulez jeter un manteau d'opprobre, pour empêcher les cœurs généreux de le reconnaître, et pour l'égorger au milieu de tous, sans que nous nous en apercevions ».

Pascal Duprat montre, à son tour, que la loi porte une grave atteinte à la liberté municipale, à celle des pères de famille, àqui l'on déclare brutalement qu'ils sont incapables de surveiller l'école, de « défendre la morale publique ». Si bien que la morale, délaissée de tous, n'aurait plus « d'asile que dans la police », Il montre que, voter cette loi, c'est jeter un défi à la face de la nation, insultée, flétrie dans les autorités municipales, dans les Comités locaux, dans les Comités d'arrondissement qui la représentent. Et pourquoi

1. Le Moniteur^ n» du 9 janvier 1850, p. 86, note ici : a Vive approbation

à gauche, v

Page 1