L'ARTICLE 4 DE LA « PETITE LOI
lui faire adopter Tarticle 3, ou à celui qui, la veille, lui faisait voter ramendement Salmon?
Il n'y eut pas, à vrai dire, de discussion sur l'article, mais, comme il était arrivé plusieurs fois déjà, une reprise de la discussion générale, où tous, orateurs de gauche, comme Baudin, comme l'ancien instituteur Ennery, comme le représentant Canet, orateurs de droite, comme le représentant d'Havrincourt, comme le ministre lui-même attaquent ou s'efforcent à justifier non une disposition particulière, mais l'esprit général de la loi. Le ministre proteste des bonnes intentions du gouvernement, des siennes propres envers les instituteurs. Mais il invoque aussi le salut public, la nécessité de défendre la société contre une « démoralisation croissante » qui montre partout réunies ces trois choses : « l'esprit de révolte, la soif ardente des jouissances matérielles, et le mépris des choses saintes ». Ces paroles trouvent un écho dans la majorité. Les divers paragraphes du nouvel article 4 sont adoptés par assis et levé. Il y a une demande de scrutin sur l'ensemble de l'article. Il est adopté à une forte majorité*. A aucun moment de cette séance, les passions de la droite n'avaient fléchi, ou ne s'étaient laissé désarmer. Le gouvernement et la Commission avaient pris une revanche éclatante sur l'amendement Salmon, et sur les instituteurs.
A la séance du 10 janvier, M. Wallon essaya d'atténuer les dispositions de l'article 4, en ce qu'elles avaient de plus dur. Il demanda, par voie d'article additionnel, qu'avant de fermer tout avenir à l'instituteur suspendu ou révoqué, on consultât, du moins, le Comité d'arrondissement, et qu'on en obtînt d'abord un avis conforme. L'Assemblée rejeta cet article additionnel, non, toutefois, sans que la gauche protestât contre l'interprétation du vote par le bureau, ce qui semble indiquer que la majorité ne fut pas très forte. D'autres articles additionnels, ayant pour objet de limiter le