‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 241 sur 334 · Par 385 voix contre · texte numérisé non relu

Par 385 voix contre

sens de la Commission, et accepté d'elle beaucoup plus qu'il n'avait commencé par lui demander. En outre, et cela surtout devait toucher les promoteurs de la loi, de Parieu avait prononcé, au cours de la discussion, quelques paroles très significatives. Il avait dénoncé une fois le mépris ce des choses saintes* » comme l'un des symptômes les plus effrayants du moment. Il avait ainsi scellé le pacte avec ceux des amis de M. de Falloux qui, ne le connaissant pas encore, étaient disposés sans doute à voir en lui, puisqu'il était l'un des ministres de ce cabinet, un ami de l'ordre et un autoritaire, mais ignoraient qu'il fût aussi un catholique fervent et militant. M. de Parieu, toutefois, ne constituait pas, à lui seul, le cabinet tout entier; et s'il semblait acquis, si l'on était sûr de lui, on devait avoir d'autres gages encore, à cette date, que quelques paroles tombées de la tribune. Rien ne prouvait absolument que ses collègues fussent disposés à le suivre dans la défense de la liberté d'enseignement. Il y avait là une inconnue.

Il yen avaituneautre, dans les dispositions personnelles du président de la République. Non qu'il n'eût pris des engagements, et même qu'il ne les eût tenus jusqu'alors, en appelant M. de Falloux au ministère, et en lui laissant préparer et présenter sa loi; mais, depuis, il avait donné, on s'en souvient, à la droite catholique, d'assez sérieux sujets de mécontentement et d'inquiétude. Surtout, on ne pouvait faire aucun fond sur ses promesses antérieures, si quelque intérêt personnel du moment venait à les contrarier. Il était dès lors trop visible que sa situation personnelle était son unique souci, et l'un des orateurs qui avaient pris la parole au nom de la gauche, dans la discussion de la petite loi, avait dit que le vrai grief du gouvernement contre les instituteurs, ce n'était pas qu'ils fussent socialistes, c'était qu'ils ne fussent pas « bonapartistes'^ ». Avec le président, on

Page 1