VICTOIRE DE LA DROITE
n'était sûr de rien. Tout dépendrait de la façon dont les. choses se présenteraient, pour lui, au dernier moment.
Enfin, du côté de l'Assemblée, il n'y avait pas non plus de certitude que la cause de la liberté d'enseignement fût épousée avec chaleur. 11 y avait seulement une probabi> lité croissante depuis le débat sur la petite loi, que les arguments tirés de la défense sociale toucheraient la majorité. Elle s'était, en somme, maintenue compacte autour de la petite loi, sauf une défaillance passagère bientôt rachetée par un surcroît de rigueur.
Les amis de M. de Falloux, lès défenseurs de la loi,, avaient, du reste, procédé avec une prudence extrême. Aucun d'entre eux n'avait pris part au débat sur la petite, si ce n'est Beugnot, obligé par ses fonctions de rapporteur de la Commission d'instruction publique. A aucun moment, la voix de la droite catholique, de ses chefs, ne s'était fait entendre. Sauf deux ou trois interruptions de Montalembert, qui prouvent avec quelle attention passionnée il suivait le débat, tous s'étaient tus. Si bien qu'ils pouvaient à la fois soutenir qu'ils avaient voté, la mort dans Tâme, des articles de loi très peu conformes à leurs sentiments personnels, et se targuer, auprès du gouvernement et des purs réactionnaires, du mérite de n'avoir pas, par une intervention publique et oflBcielle en faveur de cette loi qu'ils se bornaient à appuyer de leurs suflfrages, compromis l'issue finale, et compliqué la situation. Leur abstention dans le débat, compensée par la fidélité avec laquelle ils avaient voté, leur créait des titres, ils pouvaient du moins l'espérer, à la faveur de la droite purement réactionnaire.
En somme, si la « petite loi », à un moment, avait très vivement alarmé les amis de M. de Falloux, les choses avaient tourné de telle sorte qu'ils pouvaient se croire fondés, le il janvier, à se féliciter du résultat acquis, plutôt
place des instituteurs conservateurs, même congréganistes... ; on lient à mettre à leur place des instituteurs bonapartistes... Voilà le but qu'on se propose, il n'y en a pas d'autre. »
qu'à le craindre. Mais quand on joue une si grosse partie, on garde, jusqu'au bout, quelques appréhensions, et, malgré toutes ces raisons d'avoir confiance, le langage de quelquesuns des plus ardents champions de la liberté d'enseignement, à la veille du jour où va s'ouvrir le débat public sur le projet de M. de Falloux et de sa Commission* particulière, n'est qu'à demi rassuré.