‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 243 sur 334 · LE DÉBAT PUBLIC. — LA DISCUSSION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LE DÉBAT PUBLIC. — LA DISCUSSION GÉNÉRALE

I. Défense de la loi par ses partisans. — II. Attaque de la loi par ses adver^ saircs. — UI. Ce que nous apprend la discussion générale.

Voicî qu'enfin a sonné l'heure, très impatiemment attendue, et quelque peu redoutée par les amis de la loi, du débat public. C'est le dernier épisode de l'histoire de cette loi, le plus connu. Mais il ne Test pas encore tant qu'il n'y ait, même ici, plusieurs erreurs à rectifier, plusieurs traits importants et ignorés à relever.

Le débat public a occupé trois délibérations, aux termes du règlement de la Législative, la première consacrée à la discussion générale ; la seconde, à la discussion des articles et des amendements ; la troisième, à une revue du texte où des amendements nouveaux pouvaient se produire — et se sont produits. La discussion générale a rempli six séances consécutives. Elle a été très ample, très abondante plutôt que très approfondie, et purement politique. Deux méthodes s'oflFrent, pour Tétudier. L'une consiste à suivre Tordre même des séances et des discours. Elle a ses avantages, qui sautent aux yeux, et ses inconvénients, dont le principal serait d'incessantes et inévitables redites. L'autre méthode

consiste à grouper, d'un côté, tous les arguments essentiels des partisans de la loi, de Tautre, tous les arguments de ses adversaires. C'est cette méthode qui sera appliquée ici : je m'efforcerai de laisser à cet exposé plus systématique la souplesse indispensable à la vie.

La situation, pour les amis de la loi, les amis de la première heure, ceux qui tenaient au succès plus qu'à toute autre victoire parlementaire et politique, était délicate. La majorité allait se trouver, pour la première fois, en face du texte de la loi. Cette majorité comptait dans ses rangs d'anciens orléanistes , fort détachés de la religion et de l'Eglise ; des bonapartistes, qui se sentaient encore plus indifférents, plus étrangers, si possible, à cette cause ; et des réactionnaires, môme républicains, mus; avant tout, par la crainte du péril social. Or, dans le débat sur la « petite loi », cette majorité avait, un moment, fléchi, alors qu'il ne s'agissait vraiment que de défense sociale. Que dirait-elle, que ferait-elle, lorsqu'il s'agirait de l'Eglise catholique, des petits séminaires, des jésuites ? Il fallait donc que les orateurs, amis de la loi, missent tout leur effort à n'inquiéter aucun des groupes, aucun des membres de la majorité, en leur laissant voir qu'ils allaient voter une loi cléricale. Autre difficulté, plus grave peut-être. La loi s'inspirait, à tout prendre, d'une préoccupation idéaliste. Elle était le fait d'hommes qui, croyant à la puissance de l'éducation, rendaient hommage, en quelque sorte, 'sans le savoir et sans le vouloir, à la puissance de l'idée. Comment intéresser vraiment au sort de cette loi une majorité profondément indifférente aux idées, une majorité pour qui les intérêts matériels étaient seuls à compter, ces intérêts matériels que la monarchie de Juillet avait si complaisamment protégés, que les journées de Juin avaient si profondément inquiétés? Il fallait déployer beaucoup d'habileté pour résoudre ce double

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