‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 244 sur 334 · LÀ DISCUSSION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LÀ DISCUSSION GÉNÉRALE

problème. L'habileté ne manqua pas aux amis de M. de Falloux, et de tous les efforts, par eux accomplis, depuis janvier 1849, ceux qu'ils déployèrent soit dans la discussion générale, soit dans la discussion des articles, pour ne rien dire de trop, et pour dire tout ce qui pouvait produire un bon effet, sont peut-être les plus méritoires, et les plus dignes d'attention.

Les premières séances virent se produire, de leur côté, des discours que l'on peut appeler secondaires, par rapport à ceux qui devaient suivre : après les représentants Pouj'oulat et Béchard*, Fresneau, membre de la Commission extraparlementaire et de la Commission parlementaire, prit la parole * pour soutenir que l'on calomniait l'Eglise en ]a représentant comme hostile aux idées modernes, à la liberté de penser. Et, avec une visible sincérité de ton et de sentiment, il s'efiForça d'établir la thèse opposée. Il faut songer à la date à laquelle ce discours a été prononcé. Il faut se rappeler qu'un souffle libéral passait alors sur l'Eglise ellemême; qu il n'était pas. du tout évident alors que la tendance de V Univers et de Veuillot dût l'emporter sur celle de VEi^e Nouvelle et de ses adeptes, et que, s'il a été à un moment, au cours du xix* siècle, possible d'admettre qu'entre l'Eglise et la démocratie, une alliance féconde pouvait se sceller, c'est à l'heure où, politiquement, l'Eglise s'était désintéressée de la Monarchie, où le « catholicisme libéral » avait trouvé chez Montalembert et ses amis une expression retentissante, où l'action de Lamennais ne se trouvait pas encore épuisée, où l'abbé Maretet ses collaborateurs tenaient publiquement, sur les rapports de la religion et de la politique, le langage le plus satisfaisant pour des esprits sans passion, où le Syllabus était encore loin. La thèse de Fresneau était donc plausible à cette date. Exposée avec modération, avec force, elle devait produire quelque effet, non sur les adver-

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