‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 249 sur 334 · DISCOURS DE PARIEU · texte numérisé non relu

DISCOURS DE PARIEU

s'estimer contente d'être « confirmée » dans ses droits. Il n'avait jamais été question, avant M. de Falloux, de l'en déposséder. Mais tout ceci était enveloppée d'une forme non pa^ séduisante, mais conciliante, souriante, et il était inévitable que cela produisit bon effet. L'admiration de Montalembert est sans bornes. Il continue ainsi, dans le passage que j'ai cité tout à l'heure. « Thiers défend victorieusement la loi^ sans dire une parole qui puisse nous blesser, ou qui ne lui aille pas. C'est bien l'auxiliaire, et non le néophyte. Quand il s'est représenté la main dans ma main, pour la défense commune de la société, il y a eu une approbation profondément sentie sur tous les bancs de la majorité. La loi est gagnée quant à présent par ce discours, et Falloux et moi nous sommes bien justifiés de notre confiance dans cet homme, étonnant et charmant, malgré ses faiblesses et ses inconséquences ^ » C'est sans doute, ce dernier sentiment qui domine chez Montalembert, et qui explique son enthousiasme. On lui a représenté, jusqu'à la fin, qu'il avait tort de se fier à Thiers, et Thiers venait de se compromettre publiquement pour la bonne cause. Il devait faire mieux, et son intervention, contre l'amendement Bourzat *, devait justifier une fois de plus, et largement, le crédit que lui avaient ouvert Montalembert et de Falloux.

Le gouvernement n'avait pas encore pris position. M. de Parieu prit la parole le lendemain ' du discours de Thiers. Il fut très mesuré, très sobre, et, dans son argumentation, assez habile. Il déclara faire sien le projet de son prédécesseur, amendé, du reste, sur plusieurs points, parce que ce projet sauvegardait les intérêts essentiels de l'enseignement public, et aussi, parce qu'il ne faisait qu'appliquer la Constitution. Le ministre crut même — et là fut l'habileté — devoir prendre, dans une certaine mesure, la défense de l'Université. Alors qu'il avait, récemment, accablé les instituteurs pri-

\. Vicomte de Meaux, Montalembert, p. 136. 2. Voir plus loin, p. 419.

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