‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 250 sur 334 · janvier · texte numérisé non relu

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maires, il s'efforça de prouver que tout n'allait pas si mal dans les lycées, dans les collèges ; et qu'après tout, si l'état moral n'y était pas aussi satisfaisant qu'on pouvait le désirer, la faute n'en pesait pas sur l'Université toute seule. Le milieu social avait bien sa part de responsabilité. Le ministre assura ensuite que la crainte du péril clérical était un anachronisme. Un orateur qualifié pour parler au nom des catholiques n'avait-il pas, dans une séance antérieure, déclaré que l'Eglise n'était nullement hostile à l'esprit moderne? M. de Parieu, assez habilement encore, s'empare des paroles de Fresneau, pour désarmer les résistances que l'on pouvait prêter à une partie de la majorité. En somme, ce discours satisfaisait les amis de la loi, puisque le gouvernement la faisait sienne ; il pouvait calmer ceux des membres de la majorité qui, très convaincus de la nécessité de frapper les instituteurs, ne songeaient pas à s'associer à une menace dirigée contre l'Université ; et il pouvait endormir, chez d'autres membres de la majorité, la crainte du péril clérical.

Deux formules ont dominé cette discussion. Celle que les amis de la loi donnent comme l'expression la plus exacte de leur pensée, de leurs intentions, c'est celle-ci : la loi nouvelle est un Concordat. Montalembert avait déjà employé ce mot, il le répète à la tribune *. Le ministre s'en sert lui aussi, et Thiers, par une interruption significative, fait sienne la comparaison. Mais, si justifiée que la formule ait pu paraître à Thiers, à de Parieu, à Montalembert, il faut noter une différence capitale entre le Concordat et la loi de 1850. Le Concordat a été voulu par l'État, qui se sert dé l'Eglise, pour atteindre, grâce à son concours, des fins qui

1. « Je ne crains pas de maintenir à cette tribune, et d'appliquer à cette loi. l'expression de Concordat, que j'ai risqui'îe dans la discussion des bureaux. L'accord durera, si on se souvient que c'est en face d'une société ébranlée par l'incrédulité, par le doute, par la mise en question de tous les droits fondamentaux des sociétés lumiaines, si on se rappelle que c'est dans des circonstances semblables que le Concordat a été signé, oui il durera... » Thiers : « C'est très vrai! »

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