‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 253 sur 334 · DISCOURS DE VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

DISCOURS DE VICTOR HUGO

été prononcés. Le premier est celui de Victor Hugo. L'esprit de parti s'est donné carrière au sujet de ce discours ^ Il débute, cependant, pour un magnifique éloge du sentiment religieux, et de l'Église elle-même. L'orateur se présente, non comme un adversaire de la religion, mais comme un homme qui ne veut pas que la religion soit inutilement exposée à porter la peine des fautes de quelques-uns de ses serviteurs. Ce début produit dans l'Assemblée une sensation dont le Moniteur garde la trace. Mais, si pénétré qu'il soit de sentiment religieux, Victor Hugo ne veut pas que l'enseignement tombe aux mains du parti clérical. 11 montre ce parti à l'œuvre en Italie, en Espagne. Il l'accuse d'exceller à maintenir une nation ce dans cet état mixte et déplorable qui n'est pas la mort, mais qui n'est plus la vie ». Ce gouvernement « léthargique » ne convient pas à la France. Au milieu des cris, il déclare que jamais la France n'acceptera « la sacristie souveraine, la liberté trahie, l'intelligence vaincue et liée, les livres déchirés, le prône remplaçant la presse, la nuit faite dans les esprits par l'ombre des soutanes, et les génies matés par les bedeaux^ ». Il dénonce le plan du parti de l'ordre qui veut «combiner les hypocrisies sociales avec les résistances matérielles », et « mettre un jésuite, partout où il n'y aura pas un gendarme ». Bien des parties de ce discours étaient inutilement irritantes, et ne pouvaient donner à la gauche qu'une satisfaction platonique. U Ami de la Religion^ a grand soin de s'en emparer. Cependant, sur un point, on ne peut nier que Victor Hugo ait vu plus loin que ses nouveaux amis politiques. Il est dans cette discussion, le seul à pressentir la coupure que fera dans

1. Voir le Siècle du 15 janvier, les Débats du 14, VAsseinblée nationale du 16.

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