Le Moniteur constate un « tumulte
3. « Le discours de M. Viclop Hugo n'aura pas été perdu pour les quelques membres de la majorité encore hostiles à l Kglise. Ils auront pu voir, à la lueur de ces explosions brutales de la haine, de l'orgueil et de l'impiété, quels sont vraiment les périls du présent, et les menaces de l'avenir. Ils auront pu voir d'où viennent, comment se forment, jusqu'où peuvent aller les passions antisociales. » (N« du 16 janvier 1850.)
Tâme nationale la coexistence des deux enseignements.
Crémieux répond à Montalembert. Si intéressant, si judicieux, au point de vue politique, que soit ce discours, il reste trop près des lieux communs les plus généraux pour avoir exercé une action. Avec sa finesse familière, non exempte d'éloquence, avec la causticité et la bonhomie qui sont les marques de son talent, Crémieux défend l'éducation universitaire du reproche d'irréligion. Jamais le sentiment religieux n'en a été absent. . . Mais surtout, l'orateur prend la défense de la Révolution française. Il montre que le projet de loi ramène fort en deçà des institutions de 1789, et qu'il faut avoir dormi le sommeil d'Épiménide, pour ne pas s'apercevoir que ce recul est impossible. Si M. de Montalembert a dormi, la France est restée éveillée : elle ne le suivra pas, elle ne le comprend pas. On cherche, en somme, vainement dans ce discours, l'argument nouveau, l'argument heureux qui touchera un esprit encore indécis, ou accessible à la démonstration. Comme Victor Hugo, Crémieux parle pour son parti, pour ses amis.
Ce n'est pas davantage Pascal Duprat qui, en dépit de son énergie, de sa vaillance, et du réel esprit politique dont il fait preuve, détachera un adversaire, ou conciliera un partisan à sa thèse. 11 aborde cependant un ordre d'idées auquel certains membres de la droite, grands partisans de la décentralisation, devraient être favorables. Il reproche à la loi de ne pas réaliser la vraie liberté, parce qu'elle laisse trop dé part à l'Etat. Il ne voit pas, pour lui, la nécessité d'un ministère de l'instruction publique. Il irait jusqu'au bout de la liberté. Mais on sent, sous cette argumentation, une sorte d'outrance dialectique qui n'est pas pour plaire à la majorité, et Forateur est trop marqué, il est trop notoirement à gauche, il le laisse trop voir, il le rappelle trop volontiers, pour que sa parole trouve le chemin des esprits ou des cœurs, dans les rangs de la droite.
Si la cause des adversaires de la loi avait pu être gagnée devant l'Assemblée, ce serait plutôt Arnaud (de l'Ariège)