DEBAT SUR LES ACADEMIES
faites d'un si grand nombre de postes importants à pourvoir. Il faut selon lui, ne pas chercher derrière Topposition faite à l'article 7, Tégoïsme de l'Université. Si cet article doit être ~ combattu, c'est qu'il contient une disposition, superflue en ce qui concerne l'enseignement secondaire, insuffisante en ce qui concerne le primaire, et tout à fait propre à désorganiser l'administration de l'instruction publique. Ce sont là les raisons très précises, très positives, que Wallon développe au milieu du bruit le plus intense, et le plus hostile. Ce bruit vient des bancs de la majorité, qui s'irrite de voir un orateur connu pour la conformité de ses sentiments religieux avec ceux des auteurs de la loi, faire à cette loi une opposition aussi pressante, aussi systématique, aussi appuyée à l'expérience V L'orateur se plaint que sa voix soit couverte par les conversations. « On écoute, dit-il, quand il y a du scandale, parce que ceux qui font du scandale fournissent des arguments en faveur de la loi ; mais quand on vient apporter des raisons, on veut les étouffer dans le bruit. »
L'intervention de Wallon, bien qu'elle se fût heurtée à ce mauvais accueil, ne semblait pourtant pas sans danger, puisque Montalembert, d'abord, et Thiers ensuite, crurent devoir, l'un et l'autre, intervenir, par de longs discours. Celui de Montalembert est une réplique directe à Wallon^. Il montre dans la multiplication des académies, « la base fondamentale, en quelque sorte, de. la loi », et « la plus originale de toutes les créations que contient le projet de loi ». Il s'agit d'allumer, au chef-lieu de chaque département, un foyer d'enseignement. Il s'agit de faire de bonne et utile décentralisation, non seulement administrative, mais intellectuelle. Très habilement, Montalembert développe cette thèse qui est, il le sait bien, chère à un certain nombre
1. Wallon a déposé, au cours de ce débat, un contre-projet (déjà mentionné, p. 3sl) et 22 amendements ou articles additionnels. Il a pris la parole autant de fois, toujours mal accueilli, et toujours pour les mômea raisons.