‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 263 sur 334 · Le 12 février · texte numérisé non relu

Le 12 février

de conservateurs. Wallon avait, à un moment de son discours, montré que le morcellement des académies serait funeste à l'intérêt des études. Montalembert s'empare de cette remarque, pourdiriger, contre renseignement secondaire, ses méthodes, son esprit, son résultat, un ample et véhément réquisitoire. Il sait aussi que cette note est agréable à presque toutes les fractions de la majorité. Enfin, il adresse un nouvel appel à l'épiscopat. Il le presse de prendre, en quelque sorte, la loi nouvelle sous sa protection. Il n'hésite pas à le montrer s'associant de cœur à l'œuvre de salut social que la loi a pour objet de poursuivre. II donne ainsi, à quelques jours d'intervalle, la réplique à Tévêque de Langres. II efface, autant qu il se peut, l'impression que les paroles presque tranchantes de Mgr Parisis avaient produite. Il prodigue les assurances d'entente, de conciliation. Et lorsqu'il descend de la tribune, c'est de nouveau la loi entière, ce n'est plus l'article 7 de cette loi, qui occupe l'esprit des auditeurs. Ainsi, chaque fois qu'un article est sur la sellette, chaque fois qu'il paratt possible que la majorité se disloque, les défenseurs du projet rappellent à sa sollicitude la grande cause sociale dont la loi est, suivant eux, un appui efficace. Montalembert avait été très sévère pour l'enseignement public. Le ministre crut devoir en prendre la défense. Puis, il défendit aussi l'article 7 du projet, au point de vue de l'enseignement primaire. Avec des circonscriptions académiques étendues, il n'y a pas de surveillance réelle sur l'école primaire, et la preuve en est qu'il a fallu charger le préfet, temporairement, de cette surveillance. Le rectetu* départemental fera, dans l'organisation définitive de l'instruction publique, ce que le recteur actuel ne peut faire, il remplacera le préfet... Lier ainsi le sort de l'article 7 du projet au souvenir de la « petite loi » récemment votée, sans difficulté, sous l'empire du sentiment dont il était bien sûr que la majorité de l'Assemblée était encore tout imprégnée, constituait, de la part du ministre, une manœuvre adroite.

DlsœURS DE THIERS SUR L'ARTICLE 7. 3&9

 la lin de la séance, Barthélémy Saint-Hilaire avait cru devoir, lui aussi, dans un de ces discours démesurés, qu'il n'imposait qu'avec peine à la fatigue de l'Assemblée, prendre la défense de renseignement public contre Montalembert, et attaquer le projet au point de vue politique. « Vous ne faites pas, avait-il dit, de l'instruction publique ; vous faites de la politique. » Cependant, il ne combattait pas l'article 7, et son discours n'avait pas pour objet de défendre l'amendement Wallon. Il eut, en revanche, pour effet d'amener Thiers à la tribune. Comme Montalembert, Thiers prononce un long, un très long discours \ où il est très peu question de la nouvelle conception du rectorat et des académies; où il est abondamment question, et de l'état de l'enseignement public, et surtout, de la situation politique générale *. Comme le discours de Montalembert, celui de Thiers est destiné à remuer la majorité, et aussi, à la caresser. Il touche, à son tour, lui qui est étatiste, la corde de la décentralisation. Non qu'il la nomme par son nom. Mais il se plaît à faire voir que le Conseil départemental (et l'académie départementale, par conséquent) sont destinés à rendre plus important le rôle des Conseils généraux, à leur donner une action sur renseignement à tous ses degrés. Et il célèbre les Conseils généraux, ces assemblées où se trouve « le véritable esprit de liberté et d'indépendance », ces assemblées où siègent des hommes qui, comme aux Etats-Unis, comme en Angleterre, ne cherchent pas des emplois, mais de la considération, et servent le pays « par goût de le servir ». La cause des Conseils généraux, n'était-ce pas aussi la cause de la majorité de l'Assemblée? Elle ne pouvait qu'écouter avec plaisir cette apologie, et le vote, s'il devait y en avoir un, ne pouvait que s'en ressentir. Mais, après le discours de Montalembert,

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