‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 271 sur 334 · février · texte numérisé non relu

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des autres. La nationalité, parce que, si chaque confession a ses écoles, « les générations nouvelles, séparées par des croyances opposées, forment, pour ainsi dire, autant de nations qu'il y a de religions et de communions diflFérentes. » Quinet fait alors entendre ces belles paroles : « Au lieu de tendre à Tunion, renseignement développera l'héritage des haines, ou, du moins, des antipathies profondes qui divisent les Eglises diflFérentes. L'œuvre de l'unité nationale, consacrée par tout le reste de la législation, est ébranlée par la loi de l'enseignement. » L'école laïque doit devenir « le lieu de médiation où s'enseignera l'union, la paix, la concorde civile », l'union « sans laquelle il n'y a point de France ». Cette solution n'est, d'ailleurs, pas une nouveauté téméraire. Elle a prévalu chez l'un des peuples les plus anciens dans la liberté, et les plus religieux de l'Europe, la Hollande.

L'amendement Quinet marque la première apparition de l'idée qui devait être réalisée trente-cinq ans plus tard, l'idée de l'école laïque, avec un enseignement laïque de la morale, distinct, mais non pas hostile aux divers enseignements religieux qui peuvent s'y superposer hors de l'école. L'orateur, qui devait bientôt développer magnifiquement ces idées dans un livre, en donne, à la tribune, un exposé sec, sobre, presque froid. Nous savons aujourd'hui combien il s'est senti mal à l'aise, à la Législative. Il voyait, avec une perspicacité bien rare à ce moment, grandir d'heure en heure la réaction. Il sentait que « tous ou presque tous voulaient se réconcilier avec le catholicisme ». Les difficultés de sa situation, à cette date, se résument dans ce mot, qu'il écrivait quelques années plus tard, à l'un de ses correspondants : « J'étais seul *. »

Un membre de la Commission, Salmon, prit pourtant la peine de combattre Tamendement. Il s'efforça d'établir, dans un discours assez long, que ce serait là une innovation

1. Lettre du 25 septembre 1858 à Chassin, publiée dans len» du !•' août 1904 de la Revue (lo« année, vol. II, p. 271).

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