‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 274 sur 334 · DÉBAT SUR L'ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

DÉBAT SUR L'ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE

Avant d'arriver à cet épisode si marquant^ il faut noter une proposition ' du représentant de Lasteyrie, qui demande que les matières constituant renseignement secondaire public soient énumérées dans la loi*, et qui en exclut la philosophie, pour la reporter à l'enseignement supérieur, où elle serait, selon lui, mieux à sa place. L'orateur n'est pas un réactionnaire militant. Il lui est arrivé plus d'une fois, il le rappelle dans son discours, de marcher avec la gauche de l'Assemblée, et il espère encore le faire *. Cependant, lorsqu'on va au fond de la pensée qui anime son discours, et qui inspire son amendement, on trouve qu'il a deux griefs contre la philosophie : l'un, qu'elle n'est pas assez pratique ; l'autre, qu'elle peut avoir pour effet de créer le scepticisme dans l'esprit de l'enfant. Il insiste à plaisir sur cet argument. Le mal serait moindre, s'il existait, en philosophie, une doctrine reconnue, acceptée, qui fût, par rapport aux autres, ce qu'est, en religion, la foi par rapport à l'hérésie. Mais H n'existe pas de doctrine oflBcielle, fort heureusement, car il n'y aurait pas eu progrès de l'esprit public et de la société, si, après avoir écarté la religion d'Etat, on en venait à (< proclamer une philosophie de l'Etat* ». Mettez la philosophie dans l'enseignement supérieur. Elle ne troublera plus la conscience d'enfants trop jeunes. Elle n'inquiétera plus les familles. . . Ce discours, soutenu par quelques interruptions de Montalembert, avait été reçu avec une vive approbation à droite. Barthélémy Saint-Hilaire, toujours sur la brèche, et plus intéressé à ce point du débat qu'à aucun autre, en sa qualité d'universitaire et de philosophe, souligne la gravité de l'incident, <c au point de vue de l'honneur et de la gloire nationale ». La Commission demande le renvoi de l'amende-

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