Monit., p
ment. Et c'est à la séance 'du lendemain qu'elle s'explique. Thiers lui-même porte la parole en son nom. Et, comme il avait étonné les membres de la Commission extraparlementaire, par la vivacité avec laquelle il y avait défendu l'enseignement secondaire ^ public, il étonne, cette fois, l'Assemblée, en défendant avec chaleur la cause de l'enseignement philosophique. Il montre sans peine que cet enseignement fait partie de la culture générale à laquelle la jeunesse a droit ; que « les études seraient abaissées en France, si l'enseignement philosophique disparaissait de l'enseignement secondaire ». Nous avons, dit-il, voulu faire « une loi sévère », une loi qui rassurât la société, mais non pas une « loi malveillante », puisque nous avons augmenté le traitement des instituteurs; ni une « loi étroite » : nous ne songeons pas à « rétrécir pour la jeunesse française le domaine du savoir ». Toutes ces déclarations ne pouvaient que flatter la gauche de l'Assemblée. Mais Thiers parlait au nom de la Commission, et il fallait bien, pour répondre au sentiment de ses collègues, qu'il y eût une contre-partie à ces paroles. Aussi, après avoir défendu, en thèse générale, l'enseignement philosophique, Thiers a-t-il soin de dire qu'il compte sur le gouvernement pour réprimer les écarts des maîtres qui ne sauraient pas le proportionner à l'intelligence des élèves, ou qui, faute plus grave, « viendraient sans respect pour la jeunesse, lui apporter des doctrines déplorables, que l'humanité n'admet pas' ». Il conclut au rejet de l'amendement. Malgré une réplique calmante de l'auteur de l'amendement, l'Assemblée suit la Commission, l'amendement est rejeté. Par une