‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 279 sur 334 · THIERS DEFEND LES JÉSUITES · texte numérisé non relu

THIERS DEFEND LES JÉSUITES

nue contre l'amendement est « la plus forte qu'il y ait encore eu dans la discussion ». Et il se félicite de ce que le « triomphe soit plus que complet, et la grâce de Dieu, bien manifeste * ».

Thiers méritait vraiment la reconnaissance de Montalembert, celle du P. de Ravignan, celle de Tordre tout entier des jésuites, car il revenait de loin. Les républicains d'alors essayaient de Tembarrasser, en lui rappelant les souvenirs plutôt, il est vrai, gênants pour lui, de 1845. Qu'auraient-ils dit, s'ils avaient connu, par le détail, ce qui s'était passé à la Commission extraparlementaire, où le projet de loi avait reçu sa première forme, s'ils avaient pu lire les procès-verbaux de cette Commission ! Ce n'est pas cinq ans auparavant, c'est très peu de mois auparavant que Thiers faisait appel à l'intérêt bien entendu de l'Eglise, pour l'exhorter à ne pas se solidariser avec les jésuites *, et à ne pas braver la répugnance du pays pour cet ordre ; qu'il contestait la valeur des jésuites comme éducateurs; qu'il exprimait les <loutes les plus sérieux sur la possibilité d'assurer aux jésuites la liberté d'association ! C'est très peu de temps auparavant que, dans la même Commission, cédant sur l'article qui devait permettre la rentrée des jésuites, il s'était écrié : « Soit, je ne m'oppose plus à l'article; seulement, je demande que, le jour où il sera discuté devant l'Assemblée, vous me laissiez me cacher sous ma table ; car, comment pourrai-je demander aujourd'hui la reconnaissance du droit des jésuites à enseigner dans notre pays, après avoir demandé et obtenu, il y a si peu d'années, leur exclusion de la France' »? Le jour était venu où l'article fut discuté par l'Assemblée, et, ce jour-là, Thiers, au lieu de se cacher sous la table, prit l'attitude et tint le langage que l'on a vu.

d. Cité par M. de Meaux, p. 138.

2. 0 Les jésuites... auraient contre eux la répulsion populaire. Et c'est vous, membres du clergé, qui, pour une simple satisfaction d'amourpropre, etc... ». Lacombe, p. 241.

Page 1