A. de Melun, H, p
426 LA LOI f ALLOUX.
Avait-il oublié ses impressions de Thiver précédent '? Ce qui est sûr, c'est qu'il avait pris, dans les conciliabules qui eurent lieu tout le temps que dura la discussion, des engagements nouveaux, dont le discours du 23 février 1849 n'était que la conséquence. A quelles impressions, à quels calculs répondait ce changement si notable d'attitude et de langage ^ ? Nous ne le savons pas, mais le rapprochement de ces textes, s'il eût été possible, à la séance du 23 février, aurait mis à une rude épreuve, quoique non au-dessus de ses forces, l'adresse et la souplesse de cet homme d'État.
Au lendemain du rejet de l'amendement Bourzat ', Laurent (de. l'Ardèche) demande à l'Assemblée d'en voter un autre ^, qui aurait eu, au fond, la même portée, et le même sens. Sa thèse consistait à soutenir que le rejet de l'amendement Bourzat n'impliquait pas que les congrégations formellement abolies, fussent « relevées de l'incapacité résultant de lois existantes ». Il développa cette thèse abondamment, en tournant tous ses arguments contre les jésuites, parmi les rumeurs de la droite, les cris de « Aux voix ! » et les encouragements — discrets — de la gauche. En réalité, il recommençait le réquisitoire de Bourzat, en le délayant. Son amendement fut rejeté sans scrutin.
Deux propositions intéressantes de Wallon subirent le même sort. Il fit remarquer que la loi, qui exigeait, pour les maîtres de l'enseignement primaire libre, une preuve de capacité, n'en exigeait aucune pour ceux de l'enseignement secondaire libre. Il demandait, en conséquence, que les pro-
1. Montalembert, sur le feuillet de son carnet cité plus haut, dit « Thiers, faisant plus que tenir parole^ nMablil nos afTaires, et parle avec une admirable franchise et un admirable couragr, dans le sens dont nous étions convenus. »