NOUVEAUX DÉBATS SUR LES ÉCOLES NORMALES
à nier la défaite^ de ses amis, ou à rallumer les passions, Pascal Duprat essaye d'obtenir que les candidats sortis des Écoles normales, ou en cours d'études dans ces Écoles, puissent bénéficier encore des conditions de la loi de 1833. Il n'obtient pas ce très modeste avantage. Le représentant Saint-Romme avait demandé que les débats devant le Conseil académique fussent « publics et contradictoires*. » Il lui semblait que les justiciables avaient droit à cette garantie, et les arguments ne lui avaient pas manqué pour soutenir cette proposition. Combattue par la Commission, elle fut repoussée, comme toutes celles qui tendaient à obtenir une atténuation au régime de défiance et de compression institué par la loi contre les maîtres de l'enseignement public, à tous les degrés. Plusieurs amendements * inspirés du même souci, et temiant, soit à adoucir certaines pénalités, soit à ajouter des degrés de juridiction, soit à oflrir aux universitaires poursuivis, condamnés même, la certitude que ces mesures disciplinaires ne seraient pas invoquées contre eux pour leur nuire ailleurs que dans leur carrière, subissent le même sort. L'Assemblée est visiblement préoccupée de faire voir aux instituteurs, aux professeurs de collège et de lycée qu'elle attend d'eux une docilité parfaite.
Sur la question des Ecoles normales, la Commission essaye de reprendre par un artifice de rédaction une partie des concessions qu'il lui a fallu faire. L'article voté en seconde lecture stipulait que les départements seraient tenus de pourvoir au recrutement des instituteurs en entretenant des élèves-maîtres « soit dans les établissements d'instruction primaire désignés par le Conseil académique, soit dans les Ecoles normales créées à cet effet par le département ». A la troisième délibération, la Commission propose de dire
4. « Nous sommes vaincus, je le reconnais, ce n'est pas moi qui viendrai ranimer un débat éteint... » Séance du 12 mars. MoniL, p. 853.