PROMULGATION DE LA LOL
siderît, au lendemain de la loi du 3i mai, et même avant le vote de la loi, mit la division dans les rangs des conservateurs. A partir de ce moment, la période des conflits était ouverte, et la droite, jusqu'alors unie, se divisait en fractions hostiles. M. de Melun assure que ces divisions et ces hostilités eussent rendu impossible en avril ou mai, le vote qui avait été obtenu en mars i850 ^ Il semble bien qu'il dise vrai, et que la hâte avec laquelle Montalembert, Mole, Thiers et le petit groupe des auteurs et des amis de la loi, ont procédé, depuis le retour de la loi du Conseil d'Etat, ait été fort opportun.
Il était dity d'ailleurs, que jusqu'au bout, ils auraient à trembler sur le sort de la loi. Une fois votée, il fallait, non seulement qu'elle fût acceptée, en esprit, par Tépiscopat, mais surtout qu'elle fût promulguée. Or, l'article 18 de la' Constitution permettait au président de la République de demander, par un message motivé, une nouvelle délibération à l'Assemblée. Plus d'un motif pouvait suggérer à Louis Napoléon ce parti qui eût de nouveau tout remis en question. Aussi Talarme fut-elle assez sérieuse, dans l'intervalle qui s'écoula entre le vote de l'Assemblée et la promulgation. C'est le 27 mars seulement que le Moniteur publia la loi.
En somme, il ne paraît pas que, du côté des catholiques, exception faite pour le petit groupe des militants auxquels était due la pensée de la loi, et aussi pour Rome, qui vint si utilement prononcer la parole décisive, et qui y mit de la bonne grâce, et comme un accent de confiance assez sensible dans les instructions de Mgr Fornain à Tépiscopat, il ne paraît pas qu'ailleurs on ait compris la portée, la valeur de la loi. On ne vit pas qu'elle allait former des générations empreintes d'un autre esprit. C'est beaucoup plus tard seulement, au témoignage de l'un des esprits les plus modérés parmi les défenseurs de la loi, que l'opposition sourde mais infatigable se calma, et que l'h-glise finit par attacher du prix à