De Melun, Mém,, II, p
4i8 LA LOI FALLOUX.
la loi. Il fallut pour cela « l'ouverture des collèges des jésuites et des dominicains, la rapidité avec laquelle ils se remplirent d'élèves, le merveilleux succès de la rue des Postes ». Il fallut, dit encore le même témoin, que Ton vît « une jeunesse élevée chrétiennement sortir des maisons que la loi avait permis de fonder, pénétrer jusque dans farmée^ et donner l'exemple de Fobéissajice ouverte aux prescriptions de f Église dans les écoles militaires, autrefois si hostiles au catholicisme * ». C'est alors, mais alors seulement, que Ton mesura, à droite, la portée de la loi de 1850, et que l'on s'y attacha, en dépit des modifications très graves qu'elle avait subies presque aussitôt après sa promulgation. Même mutilée, même assez profondément altérée dans son esprit, elle devint alors l'objet de l'attachement de TEglise. Mais il avait fallu que l'expérience apportât sa leçon.
La loi de 1830, qui a été d'abord si mal comprise, si peu comprise à droite, par le plus grand nombre de ceux qui devaient finalement la voter, a-t-elle été mieux comprise à gauche ? Ceux contre qui elle était dirigée, ont-ils été plus perspicaces, plus promptement sensibles au dommage qu'elle devait leur causer, que ses partisans aux avantages qu'ils allaient en retirer? Ont-ils bien vu l'importance de ce vote du 13 mars 1850, ou ne l'ont-ils vue qu'à demi ?
Le Siècle, au lendemain du vote sur l'ensemble de la loi, se console en songeant que « le sentiment public, plus fort que le vote lui-même, repousse cet instrument de désorganisation et de despotisme, et en arrêtera les effets destructifs * ». Mais le sentiment public devait trouver, peu de temps après, d'autres objets où se prendre, plus émouvants pour lui qu'une loi sur l'enseignement. Après la promulgation,