LA COMMISSION PARLEMENTAIRE DE JUILLET
appartient à la République de la mettre au rang qui doit lui appartenir parmi les nations justement soucieuses du progrès des lumières. Au reste, le débat sur le principe de l'obligation, n'est pa^, très vif, entre les deux fractions de la Commission, puisque ce principe, sous la forme tempérée qu'il revêt dans le projet Carnot, est adopté par 12 voix contre 3 * .
Sur la gratuité, le débat est plus long — il dure deux séances entières — et le projet Carnot subit un assaut plus rude. La gratuité absolue est surtout prise à partie. Soit, disent certains membres de la Commission : donnons gratuitement rinstruction primaire à ceux qui ne peuvent pas payer. Mais pourquoi, en étendant à tous cet avantage, faire payer, en définitive, par tous les contribuables — même par les contribuables les plus pauvres — l'enseignement que recevra l'enfant des riches ? Autre considération : avec la gratuité absolue, la concurrence de l'industrie privée devient iuigpossible, et la liberté d'enseignement, que le projet de décret se flatte d'organiser, n'est plus qu'un leurre. — Voyez, d'autre part, les pays où l'enseignement populaire est gratuit : dans ces pays il est mauvais. Il est, au contraire, florissant en Prusse, en Suisse, en Hollande, où règne lo système de la semi-gratuité. — Enfin, il y a la question d'argent. La gratuité absolue entraîne une dépense minima de 80 millions. L'état des finances permet-il cette dépense?
Les partisans du projet ne manquent pas d'arguments. Posons, disent-ils, le principe. On verra ensuite à faire le départ entre les applications immédiatement réalisables, et celles qui pourront être ajournées. On prendra, dans la pratique, des tempéraments. Mais il faut se prononcer en théorie, ne fût-ce que pour obéir à la logique. La gratuité découle de l'obligation. Ne forcez pas le père de famille à avouer qu'il est trop pauvre pour payer l'école de son fils. — Les derniers événements (il s'agit, dans la pensée des