‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 40 sur 334 · Procès-verbal inédit, p · texte numérisé non relu

Procès-verbal inédit, p

membres de la Commission, de Tinsurrection de Juin) ont démontré qu il est plus que jamais nécessaire d'éclairer le peuple. L'obligation scolaire y pourvoira. Mais qu'est-ce que l'obligation, sans la gratuité^ Puis, songez à ce que nous attendons de l'école primaire! Nous ne lui. demandons p^^ seulement d'instruire Técolier, nous lui demandons de préparer, dans l'école, un homme à la hauteur de tous ses flevoirs. L'éducation nationale est 'seule capable, dans un pays où il n'existe plus de religion d'Etat, d'assurer ce Tunité morale ». Si telle est bien la « mission » de TEcole, l'éducation, l'instruction primaire doivent cesser de se vendre. Elles ne sont plus affaire d'argent. — Quant à la dépense entraînée par la gratuité, sans doute, elle est considérable. Mais il y a des dépenses sacrées, en quelque sorte, et cellelà est du nombre. Il ne s'agit pas, enfin, d'un capital jeté au gouffre. Il s'agit d'une avance rémunératrice. L'argent que coûtera l'école primaire se retrouvera, et au delà, dans l'accroissement de l'intelligence nationale, qui est une richesse, la première des richesses.

Malgré la vigueur de ce plaidoyer, le principe de la gratuité absolue est écarté, et celui de la semi-gratuité ne passe qu'à une voix de majorité^. On a l'impression, en lisant le procès- verbal, que la question financière a beaucoup préoccupé la Commission. En tous cas, elle est ici fort loin des sentiments de Carnot.

Les semaines passent, et c'est au commencement de décembi'e seulement^ (la date a son importance) que la Commission délibère sur la liberté d'enseignement. Le principe ne peut plus être mis en question. La Constitution, qui le consacre'*, a été promulguée. Mais comment sera-t-il compris par la Commission? Le projet Carnot ne faisait pas acception des personnes. Il admettait, on le sait, la liberté pour tous, — et, par conséquent, pour les congréganistes,

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