‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 59 sur 334 · CHAPITRE V LA COMMISSION EXTRAPARLEMBNTAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V LA COMMISSION EXTRAPARLEMBNTAIRE

I. Comment ont été composées les deux commissions nommées par M. de Falloux. Eiles se réunissent pour n'en former qu'une. — II. Ce que nous savons des travaux de la Commission. — La publication de M. de Lacombe. — Pourquoi elle a été faite ; en quoi elle consiste. — IlE. La physionomie des séances.

Les deux rapports que le ministre de l'instruction publique et des cultes avait adressés, en date du 4 janvier, au président de la République concluaient à la nécessité de réformer la législation de l'enseignement primaire, ainsi que celle de l'enseignement secondaire, et chargeaient deux commissions du soin de préparer les projets de loi nouveaux.

La Commission de l'instruction primaire était ainsi composée :

Le ministre, président ; MM. Poulain de Bossay, conseiller ordinaire de l'Université ; Cuvier, pasteur ; Michel, collaborateur du P. Girard * ;

1. Michel avait, en effet, en collaboralion avec llapet. dont il sera plus loin question, adapté aux écoles françaises le Cours éducatif de langue maternelle. C'était le plus connu des livres de P. Girard, le célèbre cordelier pédagogue de Fribourg (Suisse). La nomination de Michel et la mention un peu singulière du titre qui lui valait d'être nommé, en môme temps

MM. Armand de Melun, président de la Société d'économie charitable ; Henri de Riancey, membre de la Société d'économie

charitable ; Augustin Cochin, niembre de la Société des amis de

Tenfance ; Bûchez, représentant du peuple ; Tabbé Sibour;

Roux-Lavergne, représentant du peuple ; De Montreuil, représentant du peuple ; Peupin, représentant du peuple ; Alexis Chevalier, secrétaire.

La Commission de l'instruction secondaire comptait comme membres :

Le ministre, président ; MM, Cousin, conseiller titulaire de l'Université;

Saint-Marc Girardin, conseiller titulaire de l'Université ; Dubois, conseiller titulaire de l'Université*; Dupanloup, vicaire général du diocèse de Paris ; Janvier, conseiller d'Etat ;

qu'elle indiquait l'intention du ministre de faire une part aux a professionnels », pouvait aussi passer pour une manifestation de libéralisme. Car le P. Girard, pour avoir propagé en Suisse la méthode d'enseignement mutuel, ch^^e aux libéraux de la Restauration, s'était vu combattu par l'évéque de Fribourg et même condamné à fermer son école. C'est même en souvenir de la lutte libérale qu'il avait soutenue, que ce moine fut décoré par Cousin en 1838. Son livre sur L'enseignement régulier de la langue maternelle fut couronné par l'Institut (1844) dont il devint correspondant en 184o. Cf. Duguet, Dict. de pédagogiey I, 1178.

1. Dubois (Paul-François) était alors directeur de l'École normale; ancien professeur aux collèges de Guérande, Falaise, Limoges, Besançon, et à Charlemagne, il avait, en 1821, quitté l'enseignement où son libéralisme était suspect, puis en 1824, fondé le Globe avec Pierre Leroux; il y écrivit en juillet 1830 le célèl)re article sur la France et les Bourbons. Le gouvernement de juillet le fit inspecteur général, et, en 1831, il devint député de Nantes et siégea dans l'opposition de gauche. Nommé professeur de littérature française à l'École polytechnique à la mort d'Aimé Martin, il remplaça, en 1839, Villemain devenu ministre, au Conseil de l'Université. En 1840, il succéda à Cousin comme directeur de l'Ecole normale. Cette direction lui fut enlevée en 18o0, et eu 4852, il cessa de faire partie du Conseil de l'instruction publique.

LES DEUX COMMISSIONS EXTRAPARLEM ENTA IRES. 95

MM. Laurentie, ancien inspecteur général de ITniversité ;

Bellagiiet, président de l'Association des chefs d'institution du département de la Seine ;

Thiers, représentant du peuple ;

Freslon, représentant du peuple ;

De Montalembert, représentant du peuple ;

Corne, représentant du peuple ;

De Corcelles, représentant du peuple ;

Fresneau, représentant du peuple ;

François Hausset, secrétaire.

M. de Falloux s'expliquant, en 1836, sur la manière dont avaient été composées ces deux Commissions, a écrit les lignes suivantes : « Toutes les opinions consciencieuses y avaient leur organe. Aucune majorité systématique ou oppressive n'y avait été combinée d'avance. Les convictions étaient obligées d'y plaider leui* cause, et n'y pouvaient remporter la victoire que par la force de leurs démonstrations. Aucune n'était en droit de se plaindre d'un déni de justice préconçue » Les faits justifient-ils cette prétention à l'impartialité? Examinons.

D'abord, nous savons, par un témoignage irrécusable, celui de Montalembert, que des pourparlers (c difficiles » avaient précédé la constitution des deux Commissions. Montalembert lui-même s'était « assuré l'adhésion de beaucoup de commissaires ». Plusieurs noms, mis en avant, durent être effacés, « devant un refus formel ». D'autres, furent rayés « pai* prudence, et après enquête, comme devant susciter des embarras^ ». Il résulte de ce témoignage que les membres de la Commission étaient tous acquis d'avance au

1. Le parti catholique dans Discours et Mélanges politiques, t. II, p. 43.

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