‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 60 sur 334 · Correspondance de Montalembert avec Vabbé Texier, p. iu · texte numérisé non relu

Correspondance de Montalembert avec Vabbé Texier, p. iu

principe de la liberté d'enseignement, et qu'une opinion, à tout le moins, lïje s'y trouvait pas représentée : l'opinion des défenseurs du monopole. On peut, il est vrai, répondre que M. de Falloux, résolu à inscrire dans la loi la liberté d'enseignement, avait bien le droit de ne demander leur concours qu'à des hommes acquis d'avance à cette réforme V Mais ce n'est pas la seule exclusion qu'il y ait lieu de relever sur ces listes.

Parmi les militants de la cause chère à M. de Falloux, deux avaient été écartés : l'évêque de Langres, Pari sis, et le rédacteur en chef de VUnivers, Louis Veuillot. Mgr Parisis était, de tous les prélats, celui dont la présence à cette Commission eût été le mieux justifiée. Pourquoi M. de Falloux ne l' avait-il pas appelé à y siéger? C'est qu'il importait que l'abbé Dupanloup pût déployer tous ses talents de négociateur conciliant. Il importait aussi que l'abbé Dupanloup pût parler au nom de l'Eglise, prendre pour elle des engagements. S'il était seul à représenter l'élément ecclésiastique dans la Commission, il avait ses coudées franches, et il jouissait d'une autorité considérable. S'il siégeait aux côtés d'un évéque, et d'un évéque qui avait pris une large part à la polémique, l'abbé Dupanloup passait au second plan *. Quant à Veuillot, M. de Falloux avait d'autres motifs de le tenir à l'écart. Nous savons que Montalembert fit de très vives instances pour obtenir que son nom fût inscrit sur l'une ou l'autre liste, mais que le ministre se montra « intraitable^ ». M. de Falloux, dans les Mémoires dita Royaliste, allègue les « tendances générales du caractère et de l'esprit » de Veuillot. « Après mûre réflexion, écrit-il, j'aimai mieux l'exposer à la tentation de critiquer

1. On peut ajouter que le monopole n'avait pas, à cette date, dans l'opinion républicaine, de défenseurs bien ardents, et cela ressort assez des pag.^s qui précèdent pour qu'il ne soit pas besoin dinsister ici.

t. l'^illoux redoutait aussi l'intransigeance de Parisis et a comptait au contraire beaucoup sur l'abbé Dupanloup pour gagner Thiers à ses projets ». Lecanuet, Montaleuihevl, II, 4o(>-'».'i7.

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