Corr. de Montalemberl avec Teaier, p
Riancey, un Corcelles ou un Cochin, un Fresneau ou un de Melun, Thiers pouvait presque passer pour un ami de rUniversité. Ce qui est sûr, c'est que la liste des commissaires ne justifie guère, lorsqu'on l'examine de près, les éloges que M. de Falloux décerne à sa propre impartialité.
Les deux Commissions décidèrent tout de suite de siéger ensemble, et de n'en former qu'-une. Le ministre était, en titre, président. Thiers fut nommé vice-président*, et dirigea tout. Le ministre, pris par les séances du Conseil et celles de l'Assemblée, s'abstint le plus souvent. Quand il lui arrivait d'assister à une séance, il se bornait à écouter, en protestant qu'il avait fout à apprendre, et qu'il n'était pas là pour se mêler au débat. Il avait, du reste, constaté très vite « l'affectueuse cordialité qui s'établit aussitôt entre des hommes venus de points si divers, et dont plusieurs se voyaient ou se parlaient pour la première fois* ». Les plus suspects de froideur montrèrent tant de zèle, et les plus capables d'excès, tant de mesure, que M. de Falloux entra bientôt « en pleine confiance ». La confiance, cette Commission la méritait, et la justifia. La cordialité régna, en effet, le plus souvent, entre ses membres. Mais l'accord final ne fut pas obtenu sans luttes, ni même, on le verra plus loin, sans que la lutte eût pris, à divers moments, tin caractère tout particulier de vivacité.
Que savons-nous des travaux de la Commission extraparlementaire,, et comment le savons-nous?
Le seul document que nous possédions est la publication
1. La nominalion de Thiers était décidée d'avance. Cf. une lettre do Montalembert à Texier, du 2 janvier. Corr. de Moîitalembevt avec Texiei\ p. 26*.