Mém. d'un Roy., I, p
de M. H. de Lacombe*. Malheureusement cette publication ne nous donne pas un texte suivi, mais des fragments, et des fragments choisis dans une certaine intention. Il importe de s'expliquer à ce sujet, et de bien établir les circonstances et conditions dans lesquelles ce travail a été fait. Quelques années avant de mourir, Mgr Dupanloup songeait, nous diton, « à publier les débats de la Commission extraparlementaire de 1849 ». Il possédait, en effet, les « comptes rendus » de ces débats, « comptes rendus rédigés avec une intelligence et une exactitude reconnues de tous, par l'un des deux secrétaires de la Commission, M. Hausset », Si Ton se reporte à la date à laquelle Mgr Dupanloup aurait formé ce dessein, on en comprend le motif. Le parti républicain discutait alors des lois relatives à renseignement, qui mettaient en question les résultats obtenus en 1850. Il s'agissait de fournir à la polémique dirigée contre ces lois des moyens et des armes. La mort de Thiers, survenue sur ces entrefaites, engagea encore davantage l'évêque d'Orléans à poursuivre ce dessein. Il y voyait, nous dit-on, le moyen de témoigner « sa reconnaissance » à Thiers. Thiers n'avait-il pas été, en 1849, l'organisateur de la victoire? En janvier 1878, Mgr Dupanloup écrit à M. de Falloux, pour lui annoncer qu'il va se mettre à la tâche, et qu'il est heureux de se sentir en plein accord avec lui sur l'opportunité et l'importance de ce travail. L'idée première appartient donc à Mgr Dupanloup et à M. de Falloux. Il est permis de se demander, étant donnés les deux hommes, et les sentiments qu'ils éprouvaient l'un et l'autre, à cette date, pour Thiers, pour Thiers qui avait trompé toutes les espérances placées en lui par les royalistes, qui avait affermi, consolidé la République, et qui venait de mourir plus à gauche qu'il n'avait vécu, il est permis do se demander si la « reconnaissance » était le seul mobile de M. de Falloux et de Mgr Dupanloup, et s'il ne se mêlait pas à ce sentiment
1. Les débats de la Commission de iS49, discussion parlementaire et loi de 1850. Un vol. in-12, 1879, 2» édit.
le désir, après tout légitime, chez des hommes de parti, engagés très avant dans l'action politique, de jouer un bon tour au parti républicain en lui montrant que Thomme autour duquel il s'était groupé d'un si bel élan, et auquel il venait de faire de si magnifiques et populaires funérailles, avait été, en 1849 et en 1850, le lieutenant le plu§ actif de M. de Falloux, et le serviteur dévoué des intérêts de l'Eglise? Quoi qu'il en soit, Mgr Dupanloup, fatigué, malade, ne fit pas lui-même le travail, il remit ce soin à M. de Lacombe. Si M. de Lacombe avait vraiment publié les débats de la Coîiimission extraparlementaire, nous pourrions, en toute sécurité, nous appuyer sur son livre. Mais il n'a publié que des extraits. En juillet 1878, Mgr Dupanloup le prie a de marquer au crayon tout ce qui doit être copié ». En août de la même année, il lui reparle des « passages » qu'il désire faire copier dans le volume des comptes rendus. Nous nous trouvons donc en présence d'un i*ecueil de morceaux choisis, et choisis dans un dessein parfaitement légitime, celui de défendre la loi de 1850 et de marquer la « reconnaissance » des partisans de cette loi envers M. Thiers. Autre inconvénient grave : ces textes sont incontrôlables. Les recherches faites au ministère de l'instruction publique et aux Archives nationales pour y tï'ouver un autre exemplaire des comptes rendus n'ont pas abouti. A une demande de communications des registres consultés par M. de Lacombe, il a été opposé un refus formel. La chose est grave, parce que, d'après la publication de M. de Lacombe, la cause des instituteurs, celle de l'Université n'avaient eu dans la Commission qu'un seul défenseur — et encore, avec combien de concessions ! — Cousin. Les instituteurs, violemment attaqués parThiers, ont eu, sinon parmi les membres de la Commission, du moins parmi les témoins qu'elle a entendus, des avocats, même ecclésiastiques ^ L'Université n'a pas été défendue par