‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 64 sur 334 · Voir plus loin, ch. vi, § 2, p. 114 et suivantes · texte numérisé non relu

Voir plus loin, ch. vi, § 2, p. 114 et suivantes

Cousin seulement : elle a trouvé, à certains moments, en M. Dubois, un défenseur plein de mesure, mais aussi de fermeté. C'est ce que prouve un document inédit, les Notes, précisément, de Dubois. Elles coniplètent, sur certains points de grande importance, et même, comme on le verra, corrigent l'impression générale donnée par le volume de M. de Lacombe. Il n'en reste pas moins que la publication intégrale des comptes rendus serait infiniment désirable. Elle n^ nous apporterait pas de révélations sensationnelles, mais sans doute quelques-unes de ces précisions minutieuses dont vit l'histoire.

Quelle idée pouvons-nous nous faire, à l'aide des documents insuffisants que nous possédons, de la manière de travailler de la Commission extraparlementaire, de la suite de ses travaux, et de la physionomie des séances ?

Les deux Commissions, nous l'avons vu, ont décidé, dès leur première réunion, de n'en former qu'une seule. Mais la division marquée par M. de Falloux n'en a pas moins pesé sur le travail, et cela était inévitable. On s'est occupé d'abord de l'enseignement primaire, puis de l'enseignement secondaire. Après plusieurs séances de discussion générale, après une enquête dont il sera parlé plus loin, et qui n'est pas un des épisodes les moins curieux de cette histoire, une sous-commission est formée pour rédiger un projet. Le projet de cette sous-commission fait ensuite l'objet d'une discussion nouvelle. Enfin, un texte est étjabli, et soumis au ministre. Même procédure pour l'enseignement secondaire, sauf qu'il n'y a pas d'enquête. Une sous-commission est également chargée d'établir un texte, qui devient matière à une discussion nouvelle. Enfin, un projet est établi et transmis au ministre. Les travaux de la Commission avaient pris fin dans les premiers jours de mai * . Ils avaient donc duré quatre mois.

1. Le 10 mai, Dupanloup part en voyage (Lagrange, ï, p. j04). Et le <Jv

Les documents que nous possédons montrent qu'au début, du moins, la discussion n'a pas été très méthodique. Elle a porté sur les principes généraux de l'enseignement primaire, souvent coupée par de longues digressions sur l'état politique et social. C'est après un certain temps seulement que la Commission adopte un ordre de travail fixe. Encore ne s'y tient-elle pas très exactement. Il fallait compter avec Thiers, qui parlait, à tout propos, de toutes choses. Pour lui, « présider, c'était parler ».

On croit avoir donné une physionomie exacte des travaux de la Commission, en nous disant que, Thiers et Dupanloup une fois en présence, il s'est agi pour Dupanloup d'opérer la conquête de Thiers. Falloux s'abstient, Montalembert s'abstient. Seul, Dupanloup, avec son langage conciliant et insinuant, est ?au^ cesse sur la brèche; il amène peu à peu Thiers à ses propres idées*. La vérité est peut-être moins simple, et moins dramatique. Sans doute, « on faisait surtout le siège de Thiers » ; c'est le mot de Dubois lui-même qui assiste aux attaques menées par Dupanloup. Mais tout ne s'est pas ramené à un duel oratoire entre les deux membres qui ont, en effet, joué le rôle le plus actif dans la Commission. D'autre part, Thiers était acquis d'avance à la plupart des revendications dont Dupanloup allait se faire l'éloquent défenseur. C'est seulement à propos de l'enseignement secondaire qu'il y eut désaccord entre eux sur quelques points. Il

il écrit à la princesse Borghèse en lui parlant des « résultats admirables, et d'une portée incalculable pour l'avenir » qui ont été obtenus à la Commission de l'instruction publique.

1. « L'attraction de M. Thiers pour l'abbé Dupanloup et de Tabbé Dupanloup pour M. Thiers devint aussitôt évidente à tous les yeux. Notre table de travail avait la forme d'un fer à cheval. En qualité de président, M. Thiers était assis au sommet; l'abbé était allé modestement prendre place à l'extrémité d'une des branches du fer à cheval. Quand il parlait, M. Thiers ne se contentait pas d'adhérer de la tête ou du geste. Je me souviens de l'avoir vu plusieurs fois quitter sa place, longer le mur derrière ses collègues, entrer dans l'intérieur du fer à cheval, et là, debout, en face de l'abbé Dupanloup, recueillir toutes ses paroles avec l'air de jouissance d'un homme qui se dit : a Je tiens enfin le vrai ! » Falloux, L'Évéque d'Orléans^ p. 43.

est vrai de dire que Thiers finit par céder. En ce sens, mais en ce sens seulement, on peut accepter le schéma très simplifié que M. de Falloux nous donne des travaux de la Commission.

Mais il est temps de voir cette Commission à Tœuvre, et de la suivre dans &on double effort pour faire pénétrer le principe de la liberté dans l'enseignement primaire, et dans Renseignement secondaire.

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