‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 66 sur 334 · LE DÉBAT GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LE DÉBAT GÉNÉRAL

qu'il gardera jusqu'à la fin. Cousin et Dubois défendent Tordre de choses existant. Ils ne nient point que d'utiles modifications pourraient y être apportées; mais ils ne le laissent pas condamner sans faire entendre une protestation, et ils voudraient s'opposer à ce qu'on l'abolît. L'opposition de CoMsin est vive/ passionnée; celle de Dubois, calme et ferme. Thiers l'attaque furieusement, si furieusement que Montalembert et Dupanloup sont obligés de tempérer, en quelque sorte, son ardeur iconoclaste. Et Ton a l'étrange spectacle de l'ancien adversaire du clergé et de l'auteur du rapport de 1844, demandant à l'Eglise de s'emparer de renseignement primaire toiït entier, tandis que les champions de l'Eglise déclinent pour elle cet honneur, cette charge, ou ce péril, et nous surprennent par leur modération relative, autant que Thiers nous déconcerte par l'excès de son zèle conservateur et religieux ^

Sur la gratuité déjà, Thiers va, d'un bond, à la limite extrême de la résistance. Il ne se borne pas à faire valoir contre la gratuité absolue les raisons qui avaient inspiré les réserves de la Commission du 5 juillet, et de son rapporteur Barthélémy Saint-Hilaire, ou celles du Comité de l'instruction publique de la Constituante-. Il s'attaque au principe lui-même. Revendiquer la gratuité, c'est atîinner que la société, ou l'État, doit l'instruction à l'enfant dont la famille est incapable de payer. Qu'est-ce autre chose, demande Thiers, qu'une application du principe communiste? Après le droit à l'instruction, viendra le droit au travail, par une conséquence logique. Résolu « à poursuivre ce principe partout où il peut se cacher' », Thiers affirme que la société ne doit rien à personne, en fait d'instruction. Elle a scnih»ment « intérêt » à ce que rinstruction se répande. Voilà pourquoi elle multiplie les écoles. Mais elle n'y doit faire

1. Voir dans le livre de M. de Lacombe, i). 17, 19. 20. 23, les te.vtes antérieurs de Thiers favorables à la religion et au catholicii>me.

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