THIERS. COUSIN ET DUBOIS
qui dit à rhomme qu'il est ici-bas « pour souffrir* », et non. celle qui lui dit qu'il y est pour jouir. Et Thiers conclut qu'il veut « rendre toute puissante l'influence du clergé sur l'école* », que « l'action du curé doit être forte, beaucoup plus forte qu'elle ne l'est' ». Le mal social est profond, plus profond qu'en Allemagne. En Allemagne, il reste quelque chose debout ; « chez nous rien n'est sacré, nous sommes dans une maison de bois, menacée de toutes parts ». La victoire actuelle n'est pas « définitive* ». Il faut la consolider. Il faut oublier les vieilles querelles d'Université à clergé. Il faut s'unir, pour « sauver la société ».
Ainsi Thiers, en même temps qu'il sème les insinuations malveillantes, la défiance contre l'enseignement primaire et ceux qui le donnent, laisse paraître quelques traits de philosophie sociale. La vie doit être une école de soufifrance pour ceux qui n'ont rien. L'instruction est un commencement d'aisance, et l'aisance ne doit pas appartenir à tous. Il laisse paraître, surtout, le sentiment auquel il obéit : la peur que la société ne soit sapée par les doctrines socialistes, dont, à l'entendre, les instituteurs de France seraient tous de fervents adeptes. A tout ceci, Cousin répond, et ces premières séances sont une sorte de joute directe, personnelle, entre les deux amis, une lutte oratoire où ne manquent ni la vivacité, ni les « sarcasmes' ». Cousin ne nie pas que le prêtre ait un rôle à jouer dans l'école. Il est même disposé à lui donner place dans les jurys d'examen, dans les Comités de surveillance. « Que le curé surveille toutes les parties de l'instruction et non pas seulement les développements du catéchisme, car en apprenant à lire, on peut donner aux enfants de mauvaises doctrines*. » Cousin ne réclame pas