A. de Melun, II, p
6. Lacombe, p. 53, Cousin ajoute : « Que le maître d'école apprenne à plier
l'obligation. Ce système « peut convenir à Tenfance d'un peuple* ». Il serait déplacé en France. Tous les pères de famille envoient leurs enfants à l'école. S'ils ne le font pas, il est absurde de songer à des mesures de rigueur. La gratuité, il ne la demande pas « absolue » mais il la demande pour ceux qui ne peuvent pas payer ^, et cela parce que rÉtat a un devoir « sinon de justice stricte, du moins de charité, à remplir » envers eux ; l'Etat n'est pas, une « abstraction ». L'Etat doit « à toute créature humaine les moyens d'accomplir sa destinée ici-bas, et dans l'autre vie'* ». Mais tout cela, dans la limite des ressources, dans la sage mesure de la loi de 1833. Cousin n'est pas, d'ailleurs, disposé à livrer tout l'enseignement primaire au clergé; il ne l'est pas davantage à donner à la commune une action exclusive sur renseignement primaire. Il défend les écoles normales, que Thiers a attaquées au passage. Il veut « sauver Tinstniction primaire* ». Il ne veut pas « détruire aveuglément ce qui existe » et « faire plus de ruines qu'il n'y en a déjà dans ce malheureux pays* ».
Sur le fond des choses, on le voit, la différence n'est pas si considérable entre Thiers et Cousin. Mais la forme change. L'accent aussi. Il n'est plus question, chez Cousin, de « sauver la société. » L'instruction n'est plus présentée comme une sorte d'attentat de ceux qui n'ont rien contre ceux qui ont tout. Et cela suffit pour que les membres de la Commission aient eu la sensation d'une très réelle différence. Ils écoutaient d*ailleurs, à cette phase du débat, plus qu'ils n'intervenaient. Ils osaient à peine, selon le témoignage de l'un d'eux <c hasarder une observation, risquer une remarque, tout en se com-
et à se soumettre devant M. le curé comme devant M. le maire, qui doivent être les deux grandes autorités préposées à la surveillance de l'école. » (Lacombe, ibid.)