‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 75 sur 334 · Celle du 24 février. Notes de Dubois · texte numérisé non relu

Celle du 24 février. Notes de Dubois

2. Le frère Philippe avait été consulté plus d'une fois par Guizot au sujet de la loi de. 1833. Brouard, Essai d'hist. critique de l'instruction primaire en France de il^9 jusqu'à nos jours, p. 58, note. Le frère Philippe défendait donc ua peu son œuvre devant la Commiasion.

a. Notes de Dubois. — Dupanloup lui aussi se plaint de l'enquête : « Qu'avons-nous vu? Une insuffisance complète dans les renseignements

Cousin comprend qu'il a la partie belle, et s'empresse de défendre les témoins. « Il prend avec énergie la défense des trois ecclésiastiques, qui se seraient rendus coupables « de la dernière des lâchetés », si, interrogés, pour ainsi dire, comme en confession, ils avaient répondu contrairement à leur conscience, Tun dans un misérable intérêt d'ambition personnelle, les deux autres par un calcul odieux de souplesse, pour gagner les faveurs de l'Université. » Et Cousin « apostrophe vivement Montalembert, qui réplique, avec non moins de vivacité, qu'il n'admet pas cette superbe d'interrogation* ».

' Dans l'élaboration difficile de la loi de 1850, qui sera traversée de tant d'obstacles, l'enquête est le premier mécompte. C'en est aussi le moindre, car il n'a été connu que des commissaires, et il ne les a empêchés en rien de poursuivre l'œuvre qu'ils avaient résolu d'accomplir.

Il restait à tirer, en quelque sorte, les conclusions de cette enquête, et un nouveau débat s'engage, où Thiers et Cousin se trouvent, de nouveau, face à face; Cousin, fort des données même de l'enquête, qui vont plutôt à une réforme limitée, prudente qu'à la subversion de la loi de 1833; Thiers, fort de sa passion, que la contradiction des témoins a encore irritée.

Il faut, dit Cousin, développer la liberté de l'enseignement primaire, fortifier les conditions de capacité et de moralité. Que le brevet de capacité reste ce qu'il est, avec cette seule différence que la Commission qui le conférera devra compter des membres ecclésiastiques, désignés par l'autorité religieuse. Que, d'autre part, le curé reçoive sur rinstituteur public, « une influence plus directe, plus per-

donnés, une gêne évidente de la part de ceux qui déposaient, et je le conçois, car on interrogeait des universitaires sur les établissements de l'Université... » Et il ajoute : « Enquête superficielle, qui, je crois, n'a rien appris à personne, et qui ne serait bonne, si on voulait en poursuivre les résultats, qu'à empêcher l'accord. » Lacombe, p. 219.

1. Les notes de Dubois donnent le récit de Y altercation (c'est l'expression de Dubois) entre Montalembert et Cousin.

L'ENQUÊTE SUR L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE. 12f

sonnelle que d'après la loi existante », mais que Tinstituteur ne retombe pas, pour cela, dans « une sorte de dépendance domestique à Tégard du curé », qu'il n'en soit p^s « le serviteur* ». Supprimons le Comité local, attribuons la surveillance de l'école, d'une part au curé, de l'autre au maire. Gardons, en revanche, le Comité d'arrondissement, et que le clergé y soit vigoureusement représenté. Audessus du Comité d'arrondissement, le Conseil académique, en y mettant des membres de droit, ecclésiastiques, magistrats. De même, au Conseil supérieur de l'Université, des évoques, des magistrats viendraient prendre place. En un mot, il ne faut pas « donner l'Université au clergé, mais mettre le clergé dans l'Université ». Et il renouvelait, en terminant, ses protestations en faveur de l'intervention aussi complète, aussi large que possible, de l'autorité religieuse. « Loin de la craindre, je l'appelle de tous mes vœux*. » Ce langage peut être qualifié de réactionnaire, par comparaison avec celui des auteurs de la loi de 1833. Mais il était encore universitaire et même laïque^ par comparaison avec celui de Thiers.

Thiers insiste sur le mal social. Les témoins de l'enquête avaient dit très sincèrement qu'il n'était pas profond; Thiers répond : « c'est fermer les yeux, pour ne pas apercevoir l'abtme qui menace de tout engloutir ».Le mal est « incommensurable », dans les villes surtout. Il est immense aussi dans les campagnes. Là, « l'anticuré » endoctrine les mécontents. Qu'importe que son enseignement, à l'école, soit moral ? Qu'importe même, s'il affecte, dans la vie extérieure, des pratiques religieuses ? L'instituteur n'en est pas moins un péril '. Car à une heure où « la société est certai-

1. Plus d'inamovibilité pour rinstituleur, que le nombre des écoles normales Boit réduit, et que les abus en soient réformés. Lacombe, p. 99.

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