Lacombe. p
jamais refusée au prêtre, tandis qu elle serait « une garantie contre l'intrusion de bacheliers manifestement incapables ou indignes de donner renseignement primaire* ». Par un de ces tours de langage où il excelle, Dupanloup se défend d'avoir cherché là un avantage pour l'Eglise : il n'a demandé, il n'a obtenu là que « la liberté du dévouement^ ». On verra plus tard que, par cette brèche ouverte dans le système de 1833, la Législative fit passer d'autres privilégiés encore*.
L'intervention du Conseil municipal dans le choix de l'instituteur souleva des difficultés. Les membres universitaires de la Commission virent cette réforme d'un œil fort défiant*. Thiers lui-même demanda que l'instituteur, choisi par le Conseil municipal, fût nommé par le recteur, ce qui permettait à celui-ci d'iémpêcher certains choix. Il en fut ainsi décidé*. Ici encore, il y avait régression sur la loi de 1833. Dans le système de 1833, le Conseil municipal présente son candidat, le Comité d'arrondissement le nomme, le ministre Vinsliltie. Sans tenir tout à fait à l'écart la commune, on en subordonne le rôle. Les fonctions de l'enseignement primaire tendent à devenir fonction d'Etat. Le projet Carnot [entrait franchement dans cette voie. La Commission extraparlementaire propose de ramener le service de l'enseignement primaire aussi près que possible du régime antérieur à 1833, en tenant compte d'inévitables progrès, et d'exigences nouvelles, inconnues autrefois.
Mais c'est surtout dans l'ensemble des mesures de surveillance appliquées à l'école qu'éclate le caractère rétrograde du projet de la Commission, et son parti pris de rendre à l'Eglise la haute mairi sur l'enseignement primaire. Le Comité local, on l'a vu, disparaît. Il est remplacé parle maire et le curé. Sur ce point, Cousin lui-même avait été au-