Lacombe, p
Ainsi apparaît une conaéquence logique et grave de la substitution du Comité départemental au Comité d'arrondissement. Le Comité départemental entraîne l'académie départementale, le recteur départemental. Au lieu des 27 académies qui existaient avant 1848, au lieu des 20 académies qui existent depuis 1848, il y en aura désormais 86. C'est, dit Dupanloup, pour faciliter la tâche du recteur, pour lui donner plus de prise sur les instituteurs. Mais les universitaires de la Commission, Dubois, Cousin ne se paient pas de cette raison. Cousin montre, dans le Comité départemental, une « Convention au petit pied » une « institution monstrueuse » qui ne vivra pas, mais à laquelle c'est déjà trop que de permettre de naître. Il en appelle d*avance à l'Assemblée législative. Il espère que cette Assemblée ne sera pas « assez aveugle pour convertir en loi définitive* » cette proposition audacieuse. La vraie raison, selon lui, qui l'explique, c'est de mettre le Conseil à la merci de Tévèque. Le recteur départemental sera un très petit personnage devant l'évêque, et celui-ci régnera.
Thiers avait paru, d'abord, contester l'utilité du Comité départemental, et par conséquent, l'utilité de la multiplication des académies. Convaincu, sans doute, par l'argumentation de Dupanloup, il se tourne contre Cousin. Il accepte les 86 recteurs, parce que cette conception lui paraît « sagement inspirée dans l'intérêt de la société », et (jue cet intéi'(M passe, à ses yeux, avant celui de l'Université^ D'ailleurs, le département est un centre de vie. Aux yeux de Thiers, il n'en existe que trois. État, département, commune. Les académies provinciales « sont une création malheureuse » de Napoléon. Il était alors « dans ses mauvais jours » en pleine réaction contre « les saines doctrines de 1789 ^ ». C'est, à cette date, un procédé familier à Thiers, que de s'échapper ainsi en un développe-