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Ton pourrait essayer d'imposer la ferveur. Louis XIV et Napoléon s'y sont employés. Ils n'y ont réussi ni l'un ni l'autre. Thiers souhaiterait que la religion « prît plus d'empire sur la société ». Le manque de foi religieuse « est le plus grand des maux de la société actuelle ». Mais on n'y peut rien « par la contrainte ». La moralité des maîtres d'études est une question importante aussi. Ils sont « trop, et presque exclusivement sergents de régiment du collège ». Ils sont « plus paternels dans les établissements priv.es, mais assurément pas meilleurs pour cela ». Il faudrait relever la situation des maîtres d'études, augmenter leur traitement, leur réserver peut-être les places de censeur et de proviseur, en distinguant le personnel administrant du personnel professant, ou bien faire de la situation de maîtres d'étude le stage du professorat (tout cela est jeté très au hasard de l'improvisation, et Thiers ne paraît pas s*apercevoir que les deux branches de son dilemme sont en contradiction absolue). Mais ces réserves sur l'éducation dans les collèges ne vont pas jusqu'à rendre Thiers très favorable aux collèges ecclésiastiques. Et c'est ici qu'il cause une première surprise à ceux des membres de la Commission qui s'étaient étonnés de le voir disposé à livrer renseignement primaire tout entier au clergé.
Il n'est pas du tout du même avis en ce qui concerne l'enseignement secondaire. Pourquoi ? « Parce que les masses ont besoin de vérités imposées, que la foi doit être leur seule philosophie^ », et que, d'ailleurs, l'esprit des masses, surtout à la campagne, ne répugne pas à l'enseignement ecclésiastique. L'instruction secondaire s.'adresse aux classes movennes. Et celles-ci « veulent comme un droit la libre discussion philosophique ». Elles « se révolteraient, contre les doctrines imposées ». Homme d'Etat, il n'oserait pas « tenter cette épreuve^ ». Ainsi la. foi, pour les masses,
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