‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 96 sur 334 · LES IDÉES DE THIERS SUR L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE · texte numérisé non relu

LES IDÉES DE THIERS SUR L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

OU, tout au moins, le dogmatisme de l'Église, voilà leur lot, avec l'ignorance, car il ne faut pas oublier la phrase fameuse : a L'instruction est un commencemeift d'aisance ». Au contraire, pour les classes moyennes, la philosophie, et, s'il leur platt, l'incrédulité. Pour elles aussi — qui ont l'aisance— le savoir, ce savoir que les maîtres de l'enseignement public dispensent avec zèle et talent. La liberté, Thiers ne la repousse pas, il en fait « la concession' ». Cependant, c^est à regret qu'il l'accepte ici. Il croit, il a toujours cru, et il persiste à croire que « l'Etat a un peu le droit de frapper la jeunesse à son eflGgie », en d'autres termes, d'exiger que toute la jeunesse passe par ses écoles. Ces paroles déjà ont de quoi surprendre Montalembert et ses amis. Ce n'est pas tout. A défaut de ce régime, qui est le meilleur, et en acceptant que tous les établissements privés, même les petits séminaires, préparent aux grades, Thiers « maintient le certificat d'études, pour le candidat aux grades ». Il lui pafatt « indispensable » que l'tî-tat puisse savoir « où les études ont été faites, et si^ notamment, elles ont eu lieu en France* ». Thiers n'admet pas qu'on ouvre l'accès des grades aux élèves du collège de Fribourg. « C'a été, ce sera toujours pour moi une grande douleur de savoir, par exemple, qu'à Fribourg, on peut enseigner à de jeunes Français la haine contre le gouvernement de leur pays^ ! » L'allusion à Fribourg est une attaque directe contre les Jésuites. La prétention de maintenir le certificat d'études est une réaction sensible contre les idées de la Commission du 5 janvier. On conçoit Tétonnement et la colère de Montalembert en entendant ces déclarations .5>i peu prévues. Il semblait que le certificat d'études, abandonné par la commission de la Constituante, par le rapport de Jules Simon, ne dût pas trouver un défenseur parmi les hommes rassemblés par M. de Falloux pour préparer une loi d'enseignement. Et

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