‹ La Loi Falloux et Son Application en Alsace et LorraineChapitre 21 sur 110 · Revue alsacienne illustrée, 1910, p · texte numérisé non relu

Revue alsacienne illustrée, 1910, p

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ne pouvaient être créées. Pourtant les ministres des cultes avaient faculté, sans condition de capacité, de préparer pour le séminaire 4 élèves au plus : sauf déclaration au recteur.

De même, la loi, parce que loi de liberté, ne contenait aucune prescription quant au choix des livres et des programmes : le directeur était maître absolu dans son établissement.

Au sujet des conditions à remplir par les professeurs de l’enseignement secondaire libre, la loi était muette : d’où cette situation paradoxale que, tandis qu'il fallait grade ou stage pour donner l’enseignement primaire à des enfants de moins de 10 ans il n’en était plus besoin lorsque, l’élève devenu adolescent, s’imposait une instruction d'un degré plus élevé.

Les directeurs, professeurs ou surveillants étaient jugés par le conseil académique pour des faits contraires à la morale.

B. — Sous ce régime, les établissements, 3 Iycées, 17 collèges et une école industrielle (à Mulhouse fondée en 1854) groupaient, en 1870, 4.017 élèves en 222 classes. Avaient statut d’établissements secondaires libres le gymnase protestant (fondé en 1538) avec 587 élèves et 14 classes, le collège de Bischwiller avec 125 élèves et 7 classes, le grand séminaire de Strasbourg, le séminaire catholique de Montigny près de Metz, le petit séminaire catholique de Zillisheim près Mulhouse, le gymnase catholique de Colmar, l’école des Frères de Saint-Hippolyte, l’école épiscopale de Metz, l'institut Saint-Augustin à Bitche, l'institution de Sierck, le séminaire de Fénétrange, dont au total 6.325 élèves formaient l'effectif.

Dans ces conditions la Joi Falloux semblait avoir porté dans ce domaine les fruits qu’en attendaient ses auteurs, organisant un enseignement secondaire libre qui n’obligeait pas les communes aux dépenses considérables et obligatoires d’un collège communal : d’une part, pour des raisons d'ordre matériel les établissements secondaires libres s'étaient développés grandement, surtout en Lorraine ; d’autre part, ils formaient aux yeux du clergé catholique de véritables pépinières du futur clergé, comme en témoigne le nombre important de petits séminaires.

Une conclusion vaut d’être dégagée des faits qui viennent d’être groupés. La première période d'application de la loi Falloux en Alsace et en Lorraine, montre clairement que l’accueil fait à cette loi et surtout à son esprit n’était rien moins que chaleureux, du côté libéral assez fort en 1870 et même du côté catholique. L'enseignement libre catholique que la loi devait développer ne l’a été que dans d’assez faibles proportions ; l’Alsacien croyant préfère l’école publique confessionnelle avec les garanties pédagogiques qu’assurent des professeurs munis de grades officiels ; par quoi s’explique la considération dont jouissent les Sœurs de la Divine Providence de Ribeauvillé munies dans une assez forte proportion des mêmes grades que leurs collègues laïques. C’est donc plutôt dans la mesure où elle pouvait aider au développeemnt d’un enseignement public catholique que la loi Falloux fut sympathique aux catholiques alsaciens de l’époque. Autrement dit, les catholiques alsaciens préféraient dans la loi Falloux ce que les catholiques ultramontains dirigeants de Paris, et à leur tête Veuillot, le directeur de l’ Univers, y détestaient le plus, la pénétration de l’enseignement de l’Université par des éléments catholiques, la participation au monopole universitaire ; cet état d’esprit persista et se développa effectivement en Alsace et en Lorraine durant l’occupation allemande, et est resté très vivace à l’heure actuelle.

RECREÉPL

Le maintien et les vicissitudes d'application de la loi Falloux durant le régime allemand de 1870 à 1918

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