‹ La Loi Falloux et Son Application en Alsace et LorraineChapitre 22 sur 110 · LES CHANGEMENTS D'ESPRIT ET DE POLITIQUE · texte numérisé non relu

LES CHANGEMENTS D'ESPRIT ET DE POLITIQUE

Les 48 années d'occupation peuvent se partager en trois périodes distinctes quant à la méthode d'interprétation de la loi Falloux. Une première période est caractérisée par le maintien plus théorique que réel du statu quo.

Une deuxième période débuta avec le Kultur Kampf et l’arrivée au pouvoir de M. de Moeller, président supérieur, et comporta des atteintes aux articles et aux principes de la loi.

Une troisième période coïncida avec le Sfatthalterat du baron Edvin de Manteuffel qui fut d’abord porté à apaiser les esprits par des concessions à l’esprit religieux et l’application stricte des principes de la loi sur l’école confessionnelle.

Mais, à la suite d’élections constamment défavorables au Reich allemand, Manteuffel et ses successeurs s’efforcèrent, il est vrai, soit d’éliminer les ministres des cultes alsaciens et les congrégations francophiles, soit de les asservir à l’Etat allemand ; ils violèrent ainsi même dans son esprit ce qui restait de la loi

Falloux en la faisant servir à des fins diamétralement opposées à celles de ses auteurs.

Section Î

Du 21 septembre 1870 à la création, le 30 décembre 1871. de la fonction de président supérieur

1° Les premiers actes de l’autorité civile allemande dès 1870 furent de maintenir apparemment le statu quo, la loi Falloux avec le principe de confessionnalité dans les écoles primaires, et même de l’introduire dans les écoles normales d’instituteurs et d’institutrices, mais derrière la façade maintenue une démolition de la maison proprement dite était commencée. L'influence des Académies de Strasbourg et de Nancy fut supprimée dès le 21 septembre 1870 ; le 14 avril 1871 l’allemand fut établi comme langue obligatoire d’enseignement à la place du français; le 18 avril, la fréquentation scolaire fut déciarée obligatoire.

Le but des Ailemands n’était pas de faire la guerre à 1a reiigion, bien au contraire : ils voulaient s’en servir pour germaniser le pays plus rapidement ; mais, pour ce faire, il fallait débarrasser l’école des ministres des cultes et des congrégations trop francophiles. Tout au plus y eut-il quelques essais de création d'écoles interconfessionnelles ou simultanées. Ce qu’en tout cas le gouvernement d’Alsace-Lorraine voulait principalement empêcher, c'était l'influence des ministres du culte sur l’école. Néanmoins, dans cette première période, curé, pasteur et rabbin, restent dans les comités locaux. Dans un rescrit du 15 août 18711, le chancelier d’Empire déclara expressément maintenues les dispositions de l’article 44 de la loi du 15 mars 1850. Par contre le même rescrit disposait qu’il ne serait plus tenu compte, suivant le régime français, de la confession des inspecteurs primaires. Toutes les écoles d’un même cercle allaient être, pour autant, soumises au contrôle d’un seul et

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