‹ La Loi Falloux et Son Application en Alsace et LorraineChapitre 23 sur 110 · Cpr. Meister, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cpr. Meister, op. cit., p

même inspecteur indépendamment de toute question de religion. Cette mesure contribua à soumettre les établissements congréganistes à un contrôle plutôt malveillant.

Dans ce même ordre d'idées, dès mars 1871, l’usage apparut de dénoncer les religieuses pour leurs sentiments francophiles : « Il faut aussi surveiller de près les trop pieuses sœurs qui, certes, n'ont pas manqué d’exciter à la haine de tout ce qui est allemand » dit-on dans la Gazette d'Augsbourg, en un numéro du 8 mars 1871. D'autre part, l’essai fut marqué de tirer parti d’un prétendu contraste entre les pieuses sœurs et les protestants instruits. Cette manœuvre tendant de faire passer les protestants comme moins francophiles que les catholiques était vaine : maint pasteur protestant optant pour la France avait quitté l’Alsace-Lorraine après 1870.

La raison vraie pour laquelle les Allemands s’attaquèrent surtout à l’enseignement des congréganistes catholiques tient principalement au fait que ceux-ci étant de beaucoup les plus nombreux, leur influence pouvait d'autant plus fortement contrecarrer les tentatives de germanisation rapide. Aussi bien, la laïcité de l’enseignement n'est-elle pas un principe allemand ; il s’agissait avant tout pour l’Etat allemand d’avoir un personne] apte à la germanisation. Or, il était impossible de remplacer dès 1870 tous les instituteurs et institutrices congréganistes : d’après une statistique de 1870! dans le Haut-Rhin, le Bas- Rhin et la Moselle, sur 4.038 maîtres 125 instituteurs et 1.382 institutrices étaient congréganistes face à 2.189 instituteurs et 342 institutrices laïques. C’est preuve que l’enseignement dans les écoles de filles était presque entièrement entre les mains des sœurs.

Ne pouvant supprimer l’enseignement libre, le gouvernement allemand l’asservit par le moyen de l’ordonnance du 18 avril 1871, concernant les écoles, sur la fréquentation scolaire, obligatoire pour tous les enfants âgés de six ans, d’une «école publique ou école libre, dirigée par des maîtres brevetés, d’après le programme d’études adopté pour les écoles publiques » ($ 1 de

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