Cf. Blum, op. cit., p
* 2. Cf. Trad. Orgn. pol. et adm., 2° part., t. 1, p. 280.
de la loi Falloux mettant l'entretien des seuls lycées à la charge de l'Etat, et les frais d'établissement et d’entretien des collèges entièrement et obligatoirement à la charge des communes. La cause de cette nouvelle politique financière résidait dans le plan allemand tendant à développer l’enseignement secondaire public plus propre à la germanisation rapide que les établissements secondaires privés même asservis.
Des commissions scolaires composées du maire, de deux ou quatre délégués désignés par le statthalter et d’un nombre égal de membres élus par le conseil municipal, fixaient les redevances des communes sous réserve de leur approbation par le conseil municipal. Le directeur de l’établissement participait aux délibérations de la commission scolaire en tant que commissaire du gouvernement. Toutes les décisions des communes ressortissaient à Flapprobation du conseil supérieur libre d’y faire opposition durant 30 jours; après quoi elles devenaient exécutoires.
Les recettes régulières des établissements secondaires, perçues au profit de l'Etat, procédaient uniquement de la rétribution scolaire : en 1912, elles étaient de 1.091.814 marks pour 28 écoles et 9.553 élèves ; ce qui montait les frais d’études par élève à 114 marks environ. Sur ces bases l’Etat allemand, tout en assumant la plus grosse part, s’efforça de tenir compte de celles éventuelles des communes en soumettant à l’adhésion de la commune intéressée toute création d’un établissement nouveau, ainsi que toute transformation d’un établissement déjà existant ($ 2 de la loi du 1er nov. 1878). Bien entendu, aucun établissement ne pouvait être créé sans l’agrément de l'Etat, une loi provinciale était indispensable pour la création d’établissement nouveau.
Cette politique financière déclencha du reste des controverses très vives, surtout de la part des partis catholiques alsaciens et lorrains qui n’aimaient guère les établissements secondaires publics parce qu'’interconfessionnels et appliqués à la germanisation. L'Abbé Winterer disait au « Landesauschuss » en 18831 :
1. Cf. Séance du 9 février 1883, P.V. des délibérations de la Délégation du Pays, 1883, p. 114.
« Quant à l'instruction (secondaire) il est hors de doute que des raisons politiques ont dicté la conduite du gouvernement. Au lieu de nous laisser nos libertés, nos collèges, le gouvernement a voulu faire dans tous les établissements des serres chaudes intellectuelles. Il a déchargé les villes des dépenses pour l’instruction de sorte que tous les collèges et lycées sont entièrement sous la coupe de l’administration ».