‹ La Loi Falloux et Son Application en Alsace et LorraineChapitre 70 sur 110 · Ch. des dép. Débats, p · texte numérisé non relu

Ch. des dép. Débats, p

précisément la raison d’être des partis catholiques alsaciens et lorrains.

Supprimer le rôle officiel du clergé catholique c'était s’attaquer beaucoup plus gravement au prestige et à l'influence de ce clergé qu’on ne le croit communément même dans les milieux catholiques du reste de la France : la grande majorité des cathoiiques alsaciens tient à cette situation officielle de son clergé non pas tant pour la situation matérielle y afférente qu’en raison du prestige attaché, aux yeux des populations alsaciennes, à tous ceux qui font partie des autorités officielles de l'Etat. L'introduction de la laïcité dans le système scolaire local eût par ailleurs gravement affecté le recrutement du clergé et, dans une certaine mesure, son influence sur le corps enseignant primaire et, par suite, sur l’ensemble de la population ; elle eût, l’enseignement primaire libre étant presque inexistant surtout pour les garçons, réalisé au surplus une sorte de monopole de fait de l’enseignement public primaire. L'enseignement libre primaire eût, du même coup, connu des difficultés à se développer, l’habitude de subventionner des établissements scolaires primaires privés n’existant pas dans le peuple accoutumé à ne connaître que les écoles primaires publiques gratuites.

B. — Les réactions déclanchées par la déclaration ministérielle furent pour toutes ces causes plutôt violentes. Les 21 députés catholiques et démocrates chargèrent leur collègue lorrain, Schumann !, de protester en leur nom contre l’introduction projetée des lois laïques. Les chefs religieux et politiques catholiques organisèrent la protestation.

Le 22 juin 1924?, Mgr, Ruch, évêque de Strasbourg, adressa un manifeste au clergé et à la Ligue des catholiques les invitant à organiser la protestation et un pétitionnement ÿ dans toutes les communes. Mgr. Pelt, évêque de Metz, fit des décJarations analogues le 15 août 19244.

1. Cf. J.O., 19 juin 1924, p. 2346-2347. V. aussi Doc. cath., N° 258 du 4 octobre 1924, p. 536.

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