LE CONFLIT SCOLAIRE PROPREMENT DIT
Depuis la parution des deux décrets du 10 et du 22 octobre 1936 ! jusqu’à leur remplacement par les deux nouveaux décrets du 21 décembre 19372, plus d’une année s'était écoulée. Durant cette période il y eût plus de cinquante manifestations d’ordre très divers dont l’origine ou la cause première fut la décision prise par le Comité directeur de l’Union populaire républicaine (U.P.R.) de protester contre l’application des décrets en Alsace et Lorraine et de charger « les parlementaires de donner à cette
1. Cf. J.0., 22 octobre 1936, p. 11010-11013. 2. Cf. J.0., 22 décembre 1937, p. 13939-13939.
protestation l'expression la plus sévère vis-à-vis du gouvernement »!. Il ne sera retenu de la longue suite de manifestations publiques, de réunions des parlementaires d’Alsace et de Lorraine, d'échanges de lettres du président du Conseil avec les parlementaires et Mgr. Ruch évêque de Strasbourg, que ce qui intéressera le caractère confessionnel de l’école et plus particulièrement le maintien de l’enseignement religieux.
A. Les premières protestations et la motion du Conseil général du Bas-Rhin. — Du 27 octobre 1936, date de la première lettre ? envoyée au président du Conseil par les sénateurs du Bas et du Haut-Rhin, pour protester contre la neuvième année scolaire imposée aux garçons par le décret du 10 octobre 1936, au 30 janvier 1937, date de la lettre du président du Conseil au chanoine Muller, l’école confessionnelle et l’enseignement religieux n'étaient pas officiellement en discussion. De même dans les protestations des 2, 10, 14 novembre des parlementaires des trois départements recouvrés, dans la motion de protestation de la Chambre d’Agriculture du Bas-Rhin du 15 novembre, dans celles du 16, du Conseil municipal de Strasbourg, du 17 des 116 communes du Sundgau, enfin dans les vœux adoptés le 18 par les conseils généraux du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle 5, il ne fut donc pas question du caractère confessionnel de l’école comme menacé par les décrets du 10 octobre 1936. Toutefois le débat prit très vite un caractère passionné lequel ne s’explique, pour qui connaît l’Alsace, que par la conviction intime existant à tort ou à raison, chez les dirigeants catholiques de défendre une position avancée de l’école confessionnelle. La confirmation de cette impression se trouve dans un article de l’hebdomadaire catholique « Sept » du 19 février 1937, intitulé : Les incidents d'Alsace. Un conjlit regrettable, sous la signature de M. Robert Schumann député de la Moselle. Le but est d’ouvrir enfin une brêche, de nous enlever l’école confessionnelle publique, alors que les écoles privées sont à
1. Cf. Doc. cath., N° 822, décembre 1936, p. 1272. V. aussi Bulletin Jean Macé, janvier 1937, p. 3.
DMACENOpACIE., idem