LE PLAN POLITIQUE ET RELIGIEUX
A. Intervention du Président du Conseil Léon Blum. — A la suite d’une audience infructueuse des parlementaires des trois départements qu'il leur avail accordée, le président du Conseil Léon Blum, par une lettre? au sénateur chanoine Muller, le 30 janvier 1937, précisa son point de vue.
a) La première partie en est appliquée à justifier la neuvième année scolaire par le fait que sans elle la loi du 9 août 1936 est sans aucun effet en Alsace et Lorraine, attendu que l’obligation scolaire s’étendait dejà jusqu’à 14 ans pour les garçons et que le marché du travail ne se trouvait donc pas décongestionné en Alsace et Lorraine. La deuxième partie affirme que «le maintien d’un programme plus chargé (religion et allemand) implique nécessairement le maintien d’une scolarité plus longue, si l’on ne veut pas aboutir à la fois au surmenage des enfants et au fléchissement du niveau de leurs études ».
A tort ou à raison, cette phrase fut interprêtée par les milieux catholiques comme une attaque indirecte de l’enseignement religieux dans l'esprit des parents. Il était, en effet, humainement possible qu’à la longue ce soit à cet enseignement religieux, obligeant à une année scolaire supplémentaire, que s’en prennent les parents. Pour qui connaît le sens très pratique des populations alsaciennes l’appréhension# ne fait aucun doute et les parlementaires alsaciens ne s’y sont pas trompés, à leur sens maintenir la neuvième année scolaire comme une nécessité