Cf. Revue scolaire N° du 10 novembre
2, Cf. Doc. cath., N° 829, 13 février 1937, p. 405. V. aussi Bull. Jean Macé, avril 1937, p. 29. ae
3. Cf. p. 164 de la thèse, la déclaration dans ce sens de M. le député Médard. Brogly.
imposée du fait des 4 heures d'enseignement religieux et des 3 heures d’allemand, c'était «attacher le grelot » qui, tôt ou tard, serait devenu fatal, plus encore à l’enseignement religieux qu'à l’allemand dont la nécessité pratique s'impose à tous.
Or la deuxième partie de la lettre du Président du Conseil rapprochait singulièrement ce danger par l’annonce du dépôt prochain d’un projet relatif au régime scolaire des départements recouvrés, obligeant ainsi chaque parlementaire des trois départements à faire connaître, sous le regard des parents, ses électeurs, « s’il est partisan, comme le gouvernement l'avait cru, du maintien du statut scolaire actuellement en vigueur c'est-à-dire du maintien du bilinguisme et de l’enseignement religieux, avec le corollaire nécessaire du maintien d’une scolarité plus longue que dans les anciens départements, ou si, au contraire, il demande la même durée de la scolarité, et partant les mêmes programmes que dans le reste de la France ». C'était les mettre tous devant une alternative qui tôt ou tard serait devenue fatale à l’enseignement religieux d’abord, au maintien de la loi Falloux ensuite.
b) Dès le 4 février 19371 les parlementaires d'Alsace et de Lorraine firent à la lettre du président du Conseil une réponse dont l'essentiel se trouve dans l’avant dernier alinéa : « en aucun Cas, nous ne saurions admettre qu’on lie à la question de la durée de l’obligation scolaire le maintien du programme bilingue et religieux de nos écoles. Nos populations se refusent à un tel marchandage ? qui serait indigne et immoral. Nous n’osons croire que le but inavoué du décret en question ait été, dès le début, de nous acculer à une telle option ».
Il paraît ainsi établi de façon certaine que, sans vouloir préjuger des intentions véritables du gouvernement, les parlementaires et dirigeants politiques du catholicisme en Alsace et Lorraine avaient, dès le début du conflit, craint cette option tout en se gardant de la mentionner. A ce sujet, il est significatif
1. Cf. Doc. cath., N° 829, 13 février 1937, p. 407. Bull. Jean Macé, N° d'avril 1937, p. 34.
2. Comp. p. 163 de la thèse, les déclarations bien différentes de M. l’Abbé Gromer.
qu’à la séance du 11 décembre 1936, à la Chambre des députés 1, M. le député Robert Schumann eût soigneusement évité de parler des 4 heures hebdomadaires d'enseignement religieux au moment où il réfutait l’objection de l’effort supplémentaire exigé du fait du programme scolaire local et n'ait fait état que du bilinguisme représentant seulement trois heures de surcharge par semaine.
B. Intervention de l’évêque de Strasbourg, Mgr. Ruch — Toujours est-il que dès la publication de la lettre du président du Conseil, la discussion sur l’enseignement religieux devenant inévitable, les dirigeants catholiques changèrent de tactique et — prenant les devants — transportèrent le débat et l'option annoncée sur un plan qui leur était certainement plus favorable celui de l’école confessionnelle publique et obligatoire.
a)L’évêque de Strasbourg, Mgr Ruch, ouvrit cette seconde phase d’action défensive contre les décrets d'octobre 1936 par une lettre pastorale ?, datée du 5 février 1937, et lue, par ordre, le dimanche 7, dans toutes les églises du diocèse de Strasbourg. La phrase capitale de cette lettre se place à son début : « Catholiques, on vous propose l'école laïque ». Ainsi ii s’agissait, d’après Mgr. Ruch, non plus du choix entre le maintien ou le rejet hors des programmes officiels des quatre heures hebdomadaires d'enseignement religieux, mais du choix entre l’école confessionnelle et l’école laïque, le maintien de la loi Falloux en Alsace et Lorraine était remis en question.
La lettre pastorale développa les principales raisons pour lesquelles l’Eglise catholique et romaine « n’a cessé en tout pays de s’opposer à l’introduction.. de l’école laïque. L'école laïque c’est six heures par jour dans un milieu où il est défendu au prêtre de pénétrer, tout l’enseignement séparé du christianisme et l’attention de l’enfant attirée uniquement sur ce qui n’est pas Dieu; donc, après huit ans de ce régime, c’est l’homme exposé, habitué à vivre sans religion et à se passer d'elle entièrement . L'école laïque, c’est celle d’où le Décalogue et l'Evangile