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PRONONCÉ LE 19 JUILLET

SUR l'ensemble du projet de loi

La Chambre acheva, dans sa deuxième séance du 19 juillet 1913, la discussion du projet de loi. Le groupe d'Entente démocratique et sociale m'avait chargé de prendre la parole en son nom. Sa déclaration, dont je donnai lecture, portait, avec ma signature, celles de MM. Fernand David, Guist'hau, Lebrun, Maginot, Miller and, Landry, Vei^lot, Noël, Leféhure, Albert Denis, Delpierre, Lépine, Delaroche-Vernet, P. Bignon, Germain Périer, Plouzané, Raoul Péret, Jules Cels, Armez, Le Bail, Villault-Duchesnois, Maurice Maunoury, André Honnorat, Paul Cuny, Roden, Coureau, Loth, André Lefèvre, Bonniart, Braibant, Grandjean, Bouctot, Lavoinne, Bar, Python, Chalamel, Frayssinet, Voyer, Abel Thiéry, Jules Siegfried, Pourquery de

261 Reinach. — i5.

Boisserîji, Lacour, Robert David, Paul Bénazet, Dariac, Fayssat, Sibille, Roch, Piéride Goujon, Chailley, Mathis, Veillât, d'Iriart d'Etchepare, Trouvé.

M. le président. — La parole est à M. Joseph Reinach.

M. Joseph Reinach. — La loi que nous allons voter nous a été imposée par la loi allemande qui accroît les effectifs de l'armée allemande de 170.000 hommes.

Grâce au chiffre considérable toujours croissant de sa population, l'Allemagne n'a pas eu besoin, pour atteindre ce résultat, de modifier sa loi de recrutement; elle n'a eu qu'à puiser dans le vaste réservoir de ses ajournés et de ses dispensés.

La faiblesse de nos contingents, conséquence de la baisse de notre natalité, nous a obligés de répondre à cette loi redoutable par une loi qui prolonge la durée du service militaire actif. (Interruptions à l'extrême gauche)

L'écart qui allait s'élargir entre les effectifs de notre armée active et ceux de l'armée allemande et qui constituait pour la défense nationale un grave péril, cet écart ne pouvait être comblé que par le maintien d'une classe de plus sous les drapeaux. Nous avons conscience du dur sacrifice que nous demandons au pays. Si dur qu'il soit, le pays consentira; son patriotisme l'a déjà consenti. Il fera tout son devoir. Nous ferons tout le nôtre en le conviant à faire le sien. (Applaudissements au centre et sur divers bancs à gauche. — Bruit à Vextrêm,e gauche)

Ce qui domine la loi, ce n'est pas cependant la prolongation de la durée du service militaire; elle n'est que

l'ensemble

le moyen de réaliser les effectifs actifs qui feront équilibre à ceux de l'Allemagne. Le chiffre de ces effectifs a été établi par le Conseil supérieur de la Guerre. Ces effectifs né sont pas seulement indispensables pour restaurer l'équilibre militaire rompu, l'équilibre politique menacé. Ils ne sont pas moins nécessaires pour donner une instruction collective plus forte à nos unités, pour constituer un amalgame plus solide entre les soldats de l'active et ceux des réserves, pour accélérer la mobilisation. Il ne suffirait pas toutefois de les réaliser pour un jour. C'est pour les conserver toujours à la hauteur voulue que vous avez inscrit en tête de la loi le principe tutélaire de la fixité et de la permanence des effectifs, (Interruptions à l'extrême gauche)

La paix sera d'autant plus assurée que sera plus forte l'organisation de la défense nationale, que l'armée sera plus constamment prête à faire face à toutes les éventualités. Vous pourrez dire demain au pays que vous avez consolidé la paix.

Nous avons conscience de nous être élevés au-dessus de toutes les préoccupations de parti pour n'élaborer cette loi que dans la seule pensée de l'intérêt national. Si différentes qu'aient pu être les conceptions militaires, si différentes aussi que soient les préférences politiques des uns et des autres, nous tenons à reconnaître hautement que ces grands débats ont été inspirés par la pensée d'un grand devoir patriotique. Le même devoir s'imposait à tous.

S'il s'imposait d'une façon plus pressante au parti républicain, c'est que le parti républicain a, depuis plus de quarante années, la responsabilité du pouvoir, responsabilité qui ne se réduit pas à l'accomplissement de

ses obligations quotidiennes, mais qui consiste avant tout à assurer l'avenir d'un pays dont le passé, dix fois séculaire, est glorieux entre tous et à lui garder toute sa place dans le monde. (Vifs applaudissements au centre et sur divers bancs à gauche. — Bruit à l'extrême gauche)

Les autres déclarations furent portées à la tribune par M. Le Hérissé; M. Jacques Piou, au nom de V Action libérale; M. Ferri de Ludre; M. Fernand de Ramel, au nom de la droite; M. Henri de la Porte, au nom des socialistes unifiés ; M. Paul Beauregard, au nom du groupe progressiste; M. Caillaux, au nom de 140 députés radicaux et radicaux-socialistes.

La déclaration de M. Caillaux amena une éloquente réplique du président du Conseil. A l'allégation que l'initiative, la discussion, le vote de la loi avaient été dus à l'influence des partis de réaction : « Je mets mon honneur, répondit M. Barthou, à dire que, dans ce débat qui intéresse l'avenir, la grandeur et la sécurité de la France, je n'ai voulu connaître que des Français. »

M. Messimy se sépara de M. Caillaux. Il avait été ministre de la Guerre dans son cabinet. Après avoir soutenu dans un remarquable discours le contre-projet qu'il avait déposé, avec M. Paul-Boncour, sur le service de trente mois, il votera l'ensemble de la loi. Cette déclaration portait une vingtaine de signatures.

M. de la Porte termina son discours par ces mots : « Nous continuerons notre combat jusqu'à ce que le pays ait obtenu l'abolition d'une loi détestable et

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