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LE DISCOURS DE VILLE D AVRAY

Ricljelieu, elle a conquis en Asie et en Afrique l'un des plus beaux empires du monde.

Messieurs, voilà les antécédents. Vous êtes les héritiers des hommes de Quatre-Vingt-Douze pour qui républicain et patriote étaient des sj^nonymes. Votre ascendance politique, c'est Garnot, c'est Danton, c'est Gambetta et c'est Ferry. Ils vous ont légué cet idéal : la République sauvegardant la France, le sol, les traditions, les tâches futures de la France. Et comme à chaque instant, vous remontez vers eux, vous serait-il possible de vous réclamer d'eux si vous viviez avec cette hantise de n'avoir pas eu le courage, qui a manqué à l'Empire, d'assurer pleinement la défense nationale et la volonté, dans la mesure des choses humaines, de conjurer le destin ? (Applaudissements)

Je dis, messieurs, qu'il n'y a pas une conscience républicaine qui ne repousse jusqu'à l'hypothèse d'une pareille angoisse et qu'ainsi, notre devoir, à nous les républicains, est donc plus obsédant dans les circonstances présentes que celui des hommes des autres partis. Il est plus grand parce que notre responsabilité — je dis : notre responsabilité historique — est plus grande. Il est plus grand parce que Jemmapes et Valmy ont été à la fois des victoires de la Révolution et des victoires de la France et que c'est la magnifique fatalité de la France qu'elle représente pour le monde un incomparable avenir de justice et de liberté. Il est plus grand parce que c'est notre honneur de trouver confondus les intérêts de la République et ceux de la France. Mais dès lors il ne suffît pas que le gouvernement de la République ait pris résolument la responsabilité de la loi de trois ans, que le ministère d'aujourd'hui après

celui d'hier, se soit déclaré irréductible sur la durée du service militaire. C'est le parti républicain tout entier qui doit prendre la même responsabilité, la revendiquer comme son titre le plus certain à la confiance de la nation, montrer aiÎLsi, une fois de plus, par ses actes, qu'il n'est pas près de démériter de son passé. (Applaudissements)

Mes chers collègues, si votre Commission executive m'a demandé de prendre aujourd'hui la parole, c'est apparemment pour que j'expose mon sentiment en toute franchise. Je m'adresse à vous avec toute la force profonde d'une conviction très réfléchie. Je n'ai jamais été plus certain qu'aujourd'hui d'être au cœur de la vérité républicaine.

l'avis des chefs de l'armée

Lorsque, en face de l'accroissement de l'armée allemande, les chefs de notre armée ont été unanimes à se déclarer pour le service de trois ans, lorsque le Gouvernement, après avoir, comme il le devait, fait valoir toutes les objections ©t discuté toutes les autres solutions, s'est rangé à l'avis de ces soldats, je m'interdis comme une faute de l'imprévoyance et de la légèreté de passer outre à une pareille consultation.

Est-ce, d'ailleurs, un acte de foi qui m'a été dicté ? Assurément, acte de foi pour acte de foi, je n'hésiterais pas entre celui qui me serait demandé par l'expérience pratique des chefs de l'armée et celui que peut réclamer une science théorique et purement subjective, avec toutes les séductions de l'éloquence. Mais en sommesnous encore à démontrer les movens d'assurer, à tout

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moment, la sécurité de nos frontières par une couverture de fer, et, à l'abri de cette couverture, la sécurité de notre mobilisation ? (Applaudissements)

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