‹ La loi militaireChapitre 5 sur 24 · GAMBETTA ET LE SERVICE DE TROIS ANS · texte numérisé non relu

GAMBETTA ET LE SERVICE DE TROIS ANS

On a rappelé que Gambetta s'était prononcé, en 1882, pour le service de trois ans, qu'il avait déposé au lendemain de la chute de son ministère, un projet de loi qui l'organisait, qu'il a écrit dans l'exposé des motifs de son projet : « La durée de trois ans est généralement considérée comme le minimum du temps nécessaire à l'instruction de l'ensemble des classes et à la constitution des cadres inférieurs. » Si vraies que soient restées, notamment pour les armes à cheval, certaines des raisons de Gambetta, ce ne sont pas elles pourtant qui ont fait notre conviction présente. Notre conviction, ou pour parler plus exactement, notre certitude procède de deux faits que rien ne peut supprimer. L'Allemagne, depuis longtemps, escompte patiemment le premier : la défaillance de notre natalité. Il y a vingt ans, presque jour pour jour, que le successeur immédiat de M. de Bismarck, le général de Caprivi, disait à la Commission du budget du Reichstag : « Le danger venant de la France s'atténue chaque année, à raison de la diminution de sa population, occasionnée par le petit nombre de ses naissances. » Le second a pris l'Allemagne elle-même à l'improviste : la loi déjà virtuellement votée, la loi qui porte à peu près à 900.000 hommes les effectifs immédiatement mobilisables de l'armée qui, sans attendre ses réserves, pourra, du soir au matin, au premier appel du télégraphe, entrer en campagne.

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