‹ La Loi RousselChapitre 10 sur 14 · TROISIÈME SECTION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION

onu locales : registre des délibérations ; noms et 1 ae ve nourrices at ces Us dates des visites. AS

Résultats obtenus dUUUte l'application

de la Loi Roussel.

Mn) ah ue mais il faut Le avouer que son Het était très imparfaite, et que, He) jour en jour, on rendait la main à la fraude. Il à fallu qu’ une généreuse campagne, à la tête de laquelle se mirent les ‘hommes les plus émi- : |

nents et les plus autorisés, se produisit, pour que l'on se. é décidât à la faire sortir des cartons où elle commençait à jouir d’une douce somnolence. 20

x . Nous tous, qui avons à cœur de conserver la vie à CESR

Æ ne

= | pauvres petits êtres, nous tous qui songeons à l'avenir

4 de la France, car ces enfants, un jour, seront les défen; seurs de la patrie, nous ne saurions trop avoir de recon-. te

naissance envers l’auteur de cette loi bienfaisante, qui à 1“ n est pas seulement une loi de nécessité sociale, mais une œuvre patriotique de salut, et envers ces âmes géné- reuses qui ont su rappoler qu'elle existait, et en exiger l'application. ”.

… Mais c'est une règle i ici-bas que les réformes ou les

institutions les ReBORS RE RE dE nd pour les dénigrer et pour nier leur utilité. C’est ce qui est arrivé pour la loi Roussel. Hâtons- -nous de dire cependant que ses détracteurs se trouvent surtout parmi | ceux qui ne la connaissent qu'imparfaitement, ou cer- de -fains hommes politiques qui ne visent que la diminution des crédits.

Il a été dit dans des bn blES detente au’sein > de quelques conseils généraux, que son efficacité était peu réelle, et que la mortalité des enfants n'avait pas sensiblement diminué. Il n'y a qu'à jeter les yeux sur les statistiques que fournissent tous les ans les inspecteurs départementaux pour voir le mal-fondé de ces” allégations. Nous donnerons, par exemple, le pourcentage de. la mortalité des Enfants Protégés, durant ces dernières années, dans la Nièvre, le pays nourricier par excellence : | | En 1893 En 1896 En 1898..

En 1899..

En 1900...

ss Mol RAT CL LRO TC PER | LOUP EL Sd te CERN DEN NET ESS

On voit donc, qu'en moins de dix ans, la mortalité à diminub de moitié ! Et les autres départements ont natu= rellement suivi la même courbe, car nous n'avons pas la prétention que la Loi soit mieux appliquée ici qu'ails " leurs.

| Et, du reste, comment pourrait-il en être autrement, ‘e Si on se donne la peine de réfléchir ? ; L'enfant protégé sera vu par lo médecin inspecteur tous les mois jusqu à a an, tous les trois mois de un à deux. ans, c'est- à-dire pendant la période où sa frêle existence est le plus exposée. S Ce médecin suivra son évolution pas à pas, donnera des conseils, parfois même des ordres aux nourricés, qui l'écouteront, craignant toujours qu il ne leur fasse retirer ue leur nourrisson, et il pourra ainsi prévenir un certain nombre d'affections qu'il n aurait peut- -être pas guéries. . Prenons, au contraire, un enfant mis en nourrice, : sevrage ou garde chez’ une femme non salariée et par. conséquent ne tombant pas sous le coup de la surveillance instituée par la Loi Roussel, ou plus simplement À avant que cette loi protectrice fût décrétée, ou observée d’une façon rigoureuse : le médecin, qui est le conseiller indispensable et le seul qui devrait être écouté, au lieu

CU de s’ en rapporter aux avis de la voisine qui a élevé plu-

sieurs enfants, n ‘entre alors dans la maison (nous avons surtout en vue ce qui se passe d'habitude dans les cam- pages) qu'au cas de maladie confirmée, et malheu- \ reusement il est souvent trop tard, Mieux vaut prévenir ee guérir. GET Maintenant, il est ren rare qu on rencontre le néfaste ne à tube dans un berceau. Le médecin inspecteur ena tellement fait le procès, et, au besoin, a démontré avec preuves à l’appui le danger de s’en servir, qu'à part . quelques vieilles entêtées munies de plusieurs biberons, celui du médecin inspecteur, toujours bien en vue, et

celui de l'enfant, à long tube celui-là, et caché, presque . toutes les nourrices y ont renoncé, non seulement pour l'enfant de la Protection, mais pour leur Lie progéniture. | ?

Elles ont pu également entrevoir les bienfaits du lait ; stérilisé, du moins quelques-unes, car il est très difficile

de faire admettre cette pratique dans les campagnes, et

de plus cette opération demande des soins et une intel-

ligence que beaucoup de nourrices ne peuvent y apporter. Néanmoins, il est certain que, grâce aux médecins inspecteurs, la stérilisation du lait à déjà fait un grand

pas. Pour l’encourager, certaines préfectures, comme celle de la Nièvre, ont pris un excellent moyen: la déli-

| vrance gratuite de petits appareils stérilisateurs. De

plus, on accorde chaque année des récompenses pécu-

niaires aux femmes signalées par les médecins inspecteurs comme l'ayant pratiquée avec régularité et .intelli-

gence, C’est aux médecins inspecteurs de s'adresser aux

nourrices les plus capables, et de leur faire comprendre combien légère sera leur peine, en comparaison des résultats obtenus. Et peu à peu les autres auivéonÿ leur

exemple.

Mais si la pratique de la stérilisation du lait n'est pas.

généralisée, son ébullition, aussitôt après la traite, est entrée dans les habitudes de presque toutes les maisons,

et il faut avouer que c'est déjà un beau résultat qu'ont. obtenu les médecins inspecteurs, car que de femmes pré-

tendaient que le lait « bourru » donnait plus de forces à l'enfant!

De même, fous les vieux préjugés qui existent dans

les campagnes tendent à être déracinés, difficilement il est vrai, car on sait ayec quelle religion on observait ces règles : faire boire l'enfant dès qu'il crie et toutes les fois qu'il crie, respecter la gourme, qui préserve de la méningite, l’impetigo, parce qu'il faut que l'humeur sorte, etc... etc. Heureusement, le médecin, en pénétrant De souvent dans les familles, voit ce qui s'y passe, et s'élève RE vi avec force contre ces absurdités, et, au besoin, ordonne FE 4 de les laisser de côté, ce qui se fait sans trop de difficul- 2 qi tés, excepté cependant chez les vieilles grand'mères, qui. | nr: sont imbues de ces axiomes stupides, et sont bien déci- An 2 - dées à ne pas les abandonner. Mais comme ces dernières he sont presque toujours dites « non salariées », elles échap- . pent à la loi, fige Mais le vieux préjugé contre lequel le médecin inspecteur a le plus de mal, c’est sans contredit celui qui consiste à croire qu'il faut donner des aliments solides à un enfant le plus tôt possible, afin de lui éviter les co- | liques ïs Et Dieu sait si cela est en honneur à la campagne ! PACA Ar | REA \ C'est ainsi qu il nous est arrivé, alors que nous rem- - placions notre père, de faire avouer à plusieurs femmes qu'elles ne se contentaient pas de l'alimentation lactée pour leur nourrisson, qui était trop faible, disaientelles, et ne grossissait pas assez vite, et qu'alors elles lui donnaient. de la panade, et il faut ajouter que ce qu'elles | appellent panade consiste en une grosse soupe épaisse où le pain est écrasé.

Ce préjugé est tellement enraciné chez les campagnards quele médecin inspecteur s’y butte souvent, mais c'est

ques, d'y revenir sans cesse, de faire toucher les mani- à * festations évidentes qui se produisent à chaque instant, et, au besoin, de faire retirer le nourrisson, si la femme s'entête à ne pas vouloir changer ses habitudes. Et dans la plupart de ces Cas, son insistance est couronnée de succès. l'E or € | . Ungrand progrès s'est réalisé en ce qui concerne les” bains qu'on est parvenu à faire donner assez couramment dans quelques maisons, alors qu'il y à encoré peu d'années, on n’en usait que comme moyen thérapeutique, et. Dieu sait s’il était difficile de les faire accepter. : L'antisepsie a fait son apparition sous forme d’ acide borique ; les coupages du lait n’ont plus lieu qu'avec de l'eau bouillie. Pret OU Les nourrices se sont décidées à ne plus faire coucher | avec elles le petit enfant, habitude qui était encore si. répandue à la campagn UE AC Elles se sont accoutumées également à ne plus faire garder le maillot aussi longtemps, ce maillot si serré que le pauvre petit ressemblait bien plus à une momie SEULE si tienne qu'à un être vivant ! Gi | De même, on est parvenu à faire peser. les enfants assez régulièrement, malgré cette vieille maxime : que ÿ cela leur porte malheur ; les nourrices ont compris que c'était là le meilleur critérium de la santé. Il arrive même que beaucoup d’entre elles, curieuses du résultat obtenu | x pendant: le mois, attendent avec une certaine impatience

la! nouvelle pesée, afin d'en transmettre le SPRL aux

x MT !

parents, pour leur montrer qu'elles prennent bien soin de leur enfant. RAA HeNous ajouterons même une chose : © Sst que les bons effets de la Loi Roussel se font sentir jusque sur les enfants non protégés. Quand une femme a constaté sur nou nourrisson les bienfaits des conseils et des prescriptions qui lui ont été donnés RS lé médecin inspecteur, elle n'hésite pas à les appliquer à ses propres enfants. De k 140 __ plus, lors des visites médicales, si l'enfant de la maison est indisposé, on le montre au médecin, alors qu'on ne l'aurait jamais fait venir, craignant la dépense d'un es En | voyage pour une chose qui n’en valait certainement pas la peine, selon la: nourrice.

Pour nous résumer, avec le médecin inspecteur, les

règles d’ hygiène sont entrées dans les chaumières, et à

cause d'elles, la mortalité infantile a diminué. Quand on pense qu’en 1860, cette mortalité était de 60 2/, et que maintenant elle est descendue aux environs de 12 RE nous semble que ces chiffres en disent plus long que ot A toutes les dissertations possibles.

pont tous les petits soins que le médecin inspecteur at “appris à donner aux enfants a Fe nRe chez les nourrices. des facultés d'affection que l'insouciance laissait endormies. ; Car Aristote l’a dit : on aime les gens non en __ proportion des services qu’ils vous rendent, mais en proportion des services qu'on leur rend. de Enfin, avant de terminer ce chapitre, nous sornmes iRhe de constater que, depuis quelques années, la Loi Roussel commence à être appliquée sérieusement dans les bureaux de placement. ces marchés de l’industrie

an à

nourricière. Voilà dix ans, GA y acceptait toutes les nourrices, sans s'occuper de l’âge de leur enfant, ni de la façon dont celui-ci, resté en province, était. nourri. La HE Préfecture de police ne s’en inquiétait pas davantage, et dans les départements on ne sévissait que très exceptiond nellemént, de sorte que l’on pouvait done considérer les prescriptions légales comme lettre morte. M. le pro- fesseur Pinard a raconté à l’Académie de médecine, qu'en 1893, ayant visité avec M. Henri Monod, directeur | de l’Assistance et de l'Hygiène en France, les principaux bureaux de placement de Paris, toutes les nourrices qu'ils avaient vues étaient en violation de la loi. « L’enfant le plus âgé, dit- il, que nous ayons rencontré, avait |

trois mois ; il y en avait qui étaient nés depuis trois semaines. Aucun ne devait être allaité au sein. Quelques

nourrices n'avaient pas de certificats et d’autres en avaient de faux ! »

A une cireulaire que M. le ministre dé l'intérieur avait adressée aux préfets le 27 octobre 1894 pour prescrire l'application rigoureuse de la loi, le Préfet de police répondit que son exécution était absolument impossible et que le mieux était de maintenir le statu quo, € 'est-àdire de continuer à fermer les yeux. Le Comité supérieur de la Protection des enfants du premier âge fut g, 4 consulté, et s'inspirant du rapport du docteur Josias, LS M. le président du Conseil adressa au préfet de Police, le 27 jaillet 1901, une lettre confirmant cette précédente circulaire, et en ordonnant son application immédiate.

Les nourrices durent donc être en règle avec la loi et le. résultat ne se fit pas attendre. Pour le département de

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L% la Seine, ainsi ds l'a dit M. le professeur AA à : à © partir du mois d'août le nombre des nourrices diminua. | par mois de 56 à 112 unités, et à a fin de l'année 1901 cette diminution était de Rè ile et A elle ne $ est.

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1 Le V3 prendre le sein de leur mère, € 'est-à-dire qui Le ont été préservés de tous les dangers auxquels ils auraient té exposés, nous dirons même de la mort, le plus & sou ï

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