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Nous proposerons également une autre suppression : c'est celle des Commissions locales. Sauf dans les grandes villes, elles sont complètement inutiles, et la meilleure
preuve, c'est qu’elles n'existent pas la plupart du temps. C'est un rouage administratif qui ne nous parait pas
‘avoir de raison d’être. L'ingérence du maire de la commune serait bien suffisante, et encore, dans bien des cas
Le meïlleur encore, selon nous, serait de donner plus d'autorité au médecin inspecteur, qui doit avoir la haute main dans cette protection de l'enfance, et c'est lui, mieux que tout autre, qui sait ce qui doit être fait médicalement et même administrativement. Il ne doit
dépendre que de son savoir et de sa conscience, et il ne faut pas que des incompétents viennent enrayer ses actes, contrôler ses prescriptions, commenter ses Éno e e hygiéniques.
prendre un enfant en nourrice, sevrage ou garde, est la
maire ne doit venir qu'en second lieu. Malheureusement, dans la pratique, c'est tout le contraire qui arrive, et
passent d'habitude: des parents veulent-ils placer leur enfant en nourrice, une femme part-elle comme nourrice sur lieu, ou se place-t-elle comme domestique, on com-
et pour des motifs multiples, elle sera nulle ou inefficace.
Le certificat médical, exigé de toute femme qui veut.
première formalité qui doit être remplie, et celui du
c'est là une grave erreur. Voilà comment les choses se
mence alors par chercher la nourrice ou la personne qui voudra bien se charger de l'enfant. Le choix est fait, sans s'occuper si la nourrice est plus ou moins bonne, si l’ha-
rie
bitation réunit toutes les conditions de salubrité et de propreté désirables. Le prix, plus ou moins élevé, qu'on demandera, sera, le plus souvent, la considération qui aplanira toutes les difficultés. L'enfant est alors installé
chez la nourrice ou la gardeuse ; quelques jours plus tard-
on avertira la mairie, et le médecin inspecteur n'interviendra que plus ou moins longtemps après. Nous n’aurons pas besoin d’insister sur ce qu'a de vicieux cette manière de faire. C’est celui qui devrait pouvoir opposer son veto, s’il y a lieu, qui est consulté le dernier, tandis que, si on était venu le trouver avant, il aurait pu, bien souvent, donner de sages conseils aux parents, les guider dans leur choix. Quand une fois le nourrisson est installé, il est bien difficile, sauf dans des cas d'absolue nécessité, de refuser le certificat.
C’est le devoir des maires de faire observer aux parents qu'ils n'ont pas commencé par où ils auraient dû, et même de ne leur donner leur certificat que sur la présentation de celui du médecin, mais c’est ce que, il faut bien le dire, bien peu font.
Et d’ailleurs, pour nous, ce certificat, délivré par le maire, ne devrait contenir que des déclarations d'ordre purement administratif, car pour ce qui concerne la salubrité, la propreté dela maison et la façon dont les nourritures antérieures, s'il y a lieu, ont été conduites, cela devrait rentrer dans le cadre du certificat médical, car les médecins sont plus aptes à juger ces choses que la plupart des maires des petites communes. Ces derniers se montrent de plus, beaucoup trop indulgents dans leur délivrance ; ils font passer. avant tout l’idée d'être agréa-
de leur déplaire en leur refusant un simple certificat. Quant au certificat médical, il devrait être uniquement donné par le médecin inspecteur de la Ccirconscription, et, pour expliquer sa délivrance par un médecin étranger au service, ilne faudrait admettre que le cas de
., incapable de remplir ses fonctions. Le médecin inspecteur connait d'habitude son monde, et a vu, entre autres,
il sait si elle n’a pas d'infirmités ou de maladies contagieuses, si elle est vaccinée ; il sait tout ce qu'on doit comprendre sous cette affirmation que la femme remplit les conditions désirables pour élever un enfant au bibe-
tificat à une nourrice, c'est qu’il a de bonnes raisons, et il ne faudrait pas que cette femme pût, moyennant 3 ou 5 francs, l'obtenir chez un confrère voisin, généralement mal renseete et dont l'indifférence déterminera, le plus souvent une catastrophe.
Nous ne voulons pas abandonner cette question des certificats, sans parler d’un vœu émis par M. le profes-. seur Fournier, et qu'ont également voté les membres du Congrès de Bordeaux : Pourquoi n’y aurait-il pas rêciprocité de garanties pour la nourrice et pour l'enfant ?
qui partent avee une santé florissante, et qui, contaminées par leur nourrisson, reviennent dans un état lamentable et sèment le mal dans leur famille.
bles à leurs administrés, et appréhenderaient l'occasion
force majeure où le médecin inspecteur serait malade et
AE façon dont la femme a fait sesnourritures antérieures:
ron où au sein. Si, donc, il croit devoir refuser un cer-
C'est une chose qui semble assez logique, car malheu- ‘reusement les exemples sont trop nombreux de femmes
Et nous ne voulons pas viser seulement la syphilis, mais aussi la tubereulose. PURE FE
Nous citerons, par exemple, le cas suivant, que nous dt
empruntons à un des APPLE adressés à la Société Pro- + tectrice de l'Enfance, D le docteur Dupont, de Nogent- b: 1 sur: Vernisson (Loiret) :
« Dans l'une de mes commuünes, dit-il, habite une femme veuve avec sa fille (mère) et deux enfants, l'une et l'autre sont pourvues d'un nourrisson. Total : six per-
sonnes dans une chambre. Le 18 décembre dernier, je
trouve comme nouvel habitant de la maison, un enfant .
de11 mois, de l'apparence la plus misérable, blème, les
chairs flasques, avec une toux fréquente et une fièvre
continue. La poitrine étant chargée, on à cru devoir lui Re À UE
GS ‘administrer un vomitif, dont le résultat copieux s'est
répandu sur les linges à portée des autres enfants, ou sur
le sol, où ces derniers laisseront tomber et ramasseront
F 4 ensuite le morceau de pain de la collation. A mes ques- | tions que répond-on ? Que c est un nourrisson qui revient a de Paris, par connaissance, etqu'il nest point étonnant 2. ‘qu ‘il soit malade, puisque sa mère vient de mourir. qu =
trinaire! »
Nous rapportons cet exemple parce qu’il nous a paru “typique, mais hélas il est certain que bien peu de méde-
WW ACinS pourraient dire qu ils n’en ont pas rencontré de semju blables dans leur carrière.
| Aussi nous semblerait-il désirable que toute mère quia recours au bureau de placement pour se procurer une
nourrice au sein pour son enfant, ou qui place son enfant au sein en dehors de chez elle, fût tenue de produire un
certificat médical, du médecin de la famille, par exemple, spécifiant que le nourrisson n’est et ne peut être suspect d'aucune affection susceptible de contamination.
Nous savons que cette proposition est d'une application difficile, car beaucoup de mères ne voudront pas se soumettre à cette visite médicale qu’elles considèreront comme dégradante, mais en admettant que l'exigence de ce certificat empêche quelques mères de prendre une nourrice, où serait donc le mal ?.
Nous n'avons pas l'intention d'entreprendre ici le procès des Remplaçantes, mais on nous permettra de nous élever avec force contre ces mères de famille qui, ayant uniquement en vue la continuation de leurs plaisirs ou de leurs occupations, ou encore parce qu'il est très bien porté d’avoir une nourrice avec de grands rubans, n'hésitent pas à avoir recours à une étrangère pour donner à leur enfant l'aliment indispensable à sa vie. Ces mères, qui se rencontrent hélas si souvent, ne sont pas dignes de porter ce nom. Qu'elles songent que le premier sourire de leur enfant n'ira pas à elles mais à cette mercenaire ; qu’elles réfléchissent à toutes les conséquences désastreuses dont elles peuvent être causes et pour leur enfant et pour celui de la nourrice ; qu'elles se pénètrent enfin de cette phrase si Juste de notre maitre, M. le professeur Gaucher : « Toute famille qui prend une nourrice commet un vol toujours, un assassinat souvent. »
Nous arrivons au fameux article 8, cet article qui a soulevé tant de discussions, d'après lequel toute femme qui veut se placer comme nourrice sur lieu, ne peut le
faire qu’à la condition que son enfant soit âgé de 7 mois
révolus, ou que, s’il est plus jeune, elle le confie à une 4 | nourrice qui l’élèvera au sein. 5 £
Notre maitre, M. le professeur Pinard, a, dans pe séance de l'Académie de médecine du 24 mars 1903, magistralement démontré que le mutiler, en abaissant à 5 mois la 2 limite permettant à la nourrice de laisser son propre ons 400 fant pour partir vendre son lait, c'était supprimer un des Fa plus grands bienfaits de la loi, et, or il besoin de le dire, il a gagné sa cause. fee £