‹ La longévité à travers les âgesChapitre 12 sur 88 · Flourens. De la longévité humaine. Paris · texte numérisé non relu

Flourens. De la longévité humaine. Paris

mort est plus douce à ceux qui ont très longtemps vécu.

Les auteurs qui ont voulu, à diverses époques, étudier la longévité dans un groupe, dans une collectivité quelconque, ont procédé d'une des deux façons suivantes.

Les premiers se sont enquis du nombre des centenaires et des nonagénaires vivants^ pour le rapprocher du chiffre total des individus du même groupe, établir une proportion, se livrer ensuite à des comparaisons avec d'autres groupes. Nous sera-t-il permis de faire remarquer combien la méthode semble peu sûre, et même peu scientifique? Elle prétend, en effet, juger de la longévité, non d'après la règle, mais d'après l'exception. Elle agit de la façon de l'observateur qui mesurerait les géants, pèserait les monstrueux obèses d'une population, d'un groupe d'individus, pour en déduire la taille plus ou moin? grande, le poids plus ou moins élevé de la moyenne de ces mêmes individus.

Or, il est certain qu'une collectivité peut compter fort peu de centenaires et de nonagénaires, et pourtant un .nombre respectable d'octogénaires, indice d'une longévité moyenne élevée. Inversement, un groupe pourra présenter quelques sujets ayant dépassé la centaine, un nombre relativement élev de nonagénaires, et, néanmoins, fort peu d'octog' naires, assez peu de septuagénaires. Il n'est doni nullement favorisé sous le rapport de la longévit moyenne ; et cela se comprend, puisque les cente naires et les gens de plus de 90 ans constituent pa

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tout des sujets d'exception. Combien il est souvent difficile, d'ailleurs, de dénombrer exactement une population suivant l'âge de chacun, d'établir de justes proportions entre les longévités et les non-longévites.

Aussi, les statistiques de macrobiens ont-elles toujours été sujettes à caution. Ce ne sont pas les statisticiens qui sont en faute, mais les procédés employés pour relever l'âge des personnes soumises aux opérations de recensement.

Déjà, dans l'Empire romain, sous le règne de Vespasien, un essai de ce genre avait été tenté sur les populations de la Haute-Italie comprises entre les Apennins et le Pô. Il aurait permis de découvrir pour un ensemble de trois millions d'âmes, 170 centenaires vivants*, dont le plus âgé avait dépassé sa 150« année. Sous le règne suivant, vers l'an 80 ou 90 de notre ère, d'après Suétone, on aurait voulu de même se renseigner sur le nombre des centenaires existant en Italie. Les recenseurs de l'empereur Titus trouvèrent : 3 personnes de plus de 140 ans ; 8, ayant vécu 135 ans ; 6, 120 ans ; 63, 110 an», etc. De quelle valeur peuvent bien être ces renseignements, qui ne sont opposés à aucun chiffre de population ?

Dix-huit cents ans plus tard, en 1870, Solaville attribue à l'Europe une véritable armée de centenaires,. 62.508 !î Comment Solaville est-il parvenu à les compter? Mystère ! Fait certain, des statistiques de même date, ou même postérieures à cette époque,

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